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Laetizia Bazzoni

Témoignages: Qu’ont en commun ces 4 étudiants?

Cynthia, Célia, Manon et Mathieu sont tous les 4 étudiants dans l’enseignement supérieur. Mais ce n’est pas leur seul point commun. Devinez l’autre!

Cynthia, Céline, Manon et Mathieu sont des étudiants à besoins spécifiques. Grâce au décret relatif à l’enseignement inclusif, ils bénéficient d’aménagements qui les aident, malgré leur particularité, à réussir.

«Je veux réussir, comme les autres» Mathieu, 22 ans, étudiant en histoire (1er master) à l’UCL. Déficient visuel.

Laetizia Bazzoni

«On a découvert en troisième maternelle que je souffrais d’une maladie génétique qui allait me faire progressivement perdre la vue. Aujourd’hui, je ne vois plus grand-chose. Ça ne m’a pas empêché d’avoir une scolarité normale en primaires et en secondaires, grâce à des outils adaptés, ni de devenir étudiant à l’UCL, où je bénéficie du statut d’étudiant PEPS (Projet pour Etudiants à Profils Spécifiques). Cela signifie que j’ai un kot adapté (en tout cas les trois premières années, aujourd’hui, je vis seul dans un studio) et un accompagnateur qui prend contact avec les profs, veille à ce que j’aie les supports de cours sur mon ordinateur avant les cours et à ce que les examens soient accessibles, il m’accompagne en bibliothèque… J’ai le droit de passer mes examens dans un local à part, toujours au même endroit (je sais me déplacer dans Louvain-la-Neuve, mais de préférence vers les lieux que je connais). Ces aménagements me permettent d’avoir les mêmes chances que les autres de réussir. J’estime que mon handicap est finalement un plus dans ma scolarité: il m’oblige à être exigeant, structuré, ordonné, à avoir une hygiène de vie responsable. Je ne suis pas le seul dans ce cas. J’aime bien parler de «génération handi-capable», une génération qui se réapproprie le handicap de façon décomplexée, sans tabou, et compte bien réussir malgré tout. Le handicap n’est pas la seule facette de mon identité. Ce n’est pas celle qui dirige ma vie. C’est ce que m’ont appris mes parents, qui m’ont toujours beaucoup soutenu sans jamais dramatiser. Chez nous, les seules limites sont celles que l’on se donne.»

«Etudes et sport, je combine mes deux passions.» Cynthia, 24 ans, étudiante en sciences politiques à l’université Saint-Louis. Sprinteuse de haut niveau.

Laetizia Bazzoni

«J’ai commencé la compétition en athlétisme (200 et 400 m) à 15 ans et je cours à un haut niveau depuis mes 19 ans. Lors des championnats du monde en 2015, j’étais dans le top 50 et j’ai participé aux J.O. de Rio l’an dernier. En secondaires, j’arrivais facilement à combiner le sport avec mes études. Mes professeurs étaient très compréhensifs et encourageants. Mais les choses se sont gâtées lorsque j’ai commencé des études de droit. Cours, travaux, examens, stages d’athlétisme, compétitions, entraînements… Impossible de tout gérer. J’ai donc arrêté mes études avec la ferme intention de reprendre au plus vite. Une carrière dans l’athlétisme est en effet de courte durée (28-30 ans) et peut être aléatoire: je me blesse vite. Or, en cas de blessure, on perd vite son niveau, et par conséquent ses sponsors (je suis autonome financièrement, mais on est loin d’être payés comme dans le foot!)! Faire des études est donc important pour assurer ses arrières. Mais aussi pour découvrir d’autres domaines que le sport, rencontrer des gens qui viennent de tous horizons… Lorsque j’ai appris qu’en tant que sportive de haut niveau, je pouvais demander un aménagement de mes études, je me suis inscrite en sciences politiques en cours du soir. Je peux étaler chaque année sur deux ans et j’ai la possibilité de déplacer mes examens si j’ai des compétitions (libre aux professeurs d’accepter ou pas, la plupart sont indulgents). Jem’entraîne donc tous les matins, puis vers 15 h, je pars à mes cours du soir (3 heures par jour). Avec ces aménagements, j’ai toutes les cartes en main pour réussir. C’est difficile, mais pas impossible. Et puis surtout, je peux combiner mes deux passions.»

«La dyslexie, on la compense toute sa vie…» Célia, 24 ans, étudiante en ergothérapie à HELB-Erasme Ilya Prigogine. Dyslexique.

Laetizia Bazzoni

«On a diagnostiqué chez moi une forme grave de dyslexie. Je n’arrivais pas à écrire du tout, ni à structurer mes phrases oralement. Mes parents ont dû se battre pour que je n’aille pas dans l’enseignement spécialisé. Je dois avouer que j’ai eu beaucoup de chance: mes professeurs ont toujours pris leur temps pour m’aider. En secondaires, je ne me sentais même plus différente des autres élèves. Aujourd’hui, cela ne se voit presque plus, sauf quand je suis fatiguée (mon discours devient alors incompréhensible), mais ça me demande des efforts considérables. Attirée par l’artistique, je me suis lancée dans des études d’institutrice maternelle, mais j’étais systématiquement pénalisée pour mon orthographe. J’ai tenu bon jusqu’en 3e, puis j’ai craqué. J’ai alors décidé de bifurquer vers l’ergothérapie. Là, en m’inscrivant, j’ai mentionné que j’étais dyslexique. L’école m’a dit «pas de souci!» Et elle a tenu parole! Nous avons eu une réunion de concertation afin de voir comment les professeurs pouvaient m’aider. Depuis, j’ai le droit de passer mes examens dans une petite classe (il m’arrive de parler en écrivant, cela m’aide à structurer ma pensée), j’ai plus de temps, plus de pages de brouillon… Ces aménagements sont importants, mais c’est surtout le soutien et les encouragements qui m’aident. Car malgré tout, l’école est un parcours du combattant pour moi: j’ai l’impression de ramer à contre-courant. Heureusement, j’ai de la volonté et l’envie d’aller vers le haut. Pour un jour, peut-être, travailler avec des enfants dyslexiques et les aider dans leur scolarité. Car la dyslexie ne se soigne pas, il faut faire avec. On compense toute sa vie, mais malgré tout, on peut réussir.»

«J’essaie de prendre mon handicap comme un allié» Manon, 25 ans, étudiante en journalisme et en musicologie à l’UCL. Infirme moteur cérébrale.

Laetizia Bazzoni

«A cause d’un accident vasculaire à la naissance, je n’ai pas l’usage de mes jambes. Quant à mes bras, je peux les utiliser, mais lentement. Par contre, j’ai toute ma tête! J’ai échappé à l’enseignement spécialisé grâce à une directrice d’école qui a accepté de me prendre dès la maternelle. A partir de là, ma scolarité a été normale. Il était donc logique pour moi d’envisager de faire des études supérieures, d’autant que j’avais entendu dire que l’UCL proposait des aménagements aux étudiants handicapés. J’ai ainsi pu obtenir un kot adapté, où je vis depuis 7 ans. Je bénéficie aussi de l’aide d’un accompagnateur pédagogique: je peux l’appeler lorsque je dois aller à la bibliothèque, faire des photocopies… En réalité, je suis assez autonome: je me débrouille la plupart du temps toute seule, ou bien je demande l’aide de mes amis. J’enregistre mes cours et je prends des notes. Je recoupe ensuite les deux chez moi. Même si Louvain-la-Neuve est plutôt accessible dans son ensemble, le plus difficile pour moi est d’accéder aux auditoires. Je me retrouve parfois devant des ascenseurs en panne. Heureusement, je n’hésite pas à demander qu’on me porte jusqu’en haut! Je ne suis pas du genre à m’apitoyer sur mon sort. Je n’aurais pas fait grand-chose de ma vie si je m’étais cantonnée dans mon rôle de Calimero! Même si c’est plus long, même s’il faut plus réfléchir, il y a toujours une solution. J’essaie de prendre mon handicap comme un allié plutôt que comme un ennemi, car l’énergie à le combattre serait épuisante. Il y a des jours où c’est difficile, mais en gros, ma vie est cool. J’ai toujours fait ce que je voulais. Parfois j’ai l’impression d’être plus heureuse que les autres. C’est juste que j’ai décidé de l’être.»

L’enseignement inclusif en pratique

Votre enfant est en situation de handicap? Souffre d’une maladie invalidante, d’une déficience avérée, ou de trouble spécifique d’apprentissage? Est sportif ou artiste de haut niveau? Ou encore étudiant entrepreneur? Il peut, dans le cadre de l’enseignement inclusif (imposé aux établissements d’enseignement supérieur par le décret du 30 janvier 2014), bénéficier d’aménagements matériels, sociaux, culturels, méthodologiques et pédagogiques lui permettant d’avoir les mêmes chances de réussir que les autres étudiants. Vous trouverez plus d’infos sur le site des établissements d’enseignement supérieur, ainsi qu’auprès des services d’accueil et d’accompagnement de chacun de ceux-ci.

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