Témoignage: Audrey nous parle de l’injustice du congé prénatal

Témoignage: Audrey nous parle de l'injustice du congé prénatal
©Istock

Audrey est la maman de deux enfants en bas-âge, deux garçons. Lors de sa première grossesse, elle a été écartée dès 4 mois et demi de grossesse et a vu son “congé de maternité” fondre comme neige au soleil. Aujourd’hui, elle dénonce cette problématique que beaucoup de mères ont vécue: le congé de maternité beaucoup trop court en Belgique.

Audrey est une maman de deux magnifiques garçons. mère active, elle jongle entre maternité et vie professionnelle. Sur son blog “Deddygraphic”, elle partage ses petits bonheurs mais aussi sa réalité de mère, loin des paillettes et de la facilité faussement jouée sur les réseaux sociaux.

Elle a tenu à témoigner pour parler d’un problème dont sont confrontées énormément de mamans belges: la durée du congé de maternité et de l’absurdité du congé prénatal.

Le congé prénatal, c’est quoi?

Le congé prénatal est une période qui est décomptée du congé de maternité lorsque la future maman doit être écartée de son environnement professionnel pour raison médicale avant la naissance de son enfant. Ce congé peut débuter à partir de la sixième semaine avant la date présumée de l’accouchement.

Dans ce cas de figure, le congé de maternité se voit réduit à 9 semaines au lieu des 15 initialement prévues. Beaucoup de mamans se retrouvent alors dans l’obligation de quitter leur bébé beaucoup trop tôt pour reprendre le chemin du travail, ou prendre sur leurs congés personnels pour prolonger un peu le temps avec leur enfant.

Une injustice selon Audrey, qui nous parle de cette problématique dans laquelle beaucoup de mamans se retrouveront.

Le témoignage d’Audrey sur le congé de maternité

Je tiens déjà à remettre certaines choses au clair. Personnellement, je trouve que le nom “congé” est complètement inapproprié, sincèrement en tant que nouvelle maman nous n’avons pas le temps de se dorer la pilule au soleil ou de se vautrer 2h dans un canapé pour s’octroyer un peu de lecture, que du contraire! Si on a déjà 10 minutes pour se poser une couche de vernis qui n’aura pas le temps de sécher c’est déjà un miracle !

Appelons-le plutôt “Crédit-temps maternité” ou quelque chose dans le genre…

Une première grossesse loin d’être parfaite

Souffrant de soucis d’hypertension pendant ma première grossesse, j’ai été écartée du boulot à 4 mois et demi.

Très vite, j’ai su que dans le calcul du congé de maternité, se serait pénalisant et que je perdrais 6 semaines avec mon bébé… 6 semaines terriblement importantes pour la complicité entre mon fils et moi, pour me rassurer dans mon nouveau rôle et lui permettre de trouver également ses marques en dehors de mon ventre.

Cette situation, je l’ai sincèrement très mal vécue! 

Je devais théoriquement recommencer le travail 9 semaines après mon accouchement et je ne sais par quel miracle j’ai obtenu une semaine de plus. J’ai donc recommencé 10 semaines après l’accouchement, donc à 2 mois et demi de vie de mon bébé.

En toute sincérité, je pense que ça a été vraiment l’une des pires épreuves que j’ai surmonté moralement. Dès la naissance, le lien s’est fait facilement, mais tous les jours à partir de ce moment je ne pensais qu’à une seule chose “je vais t’abandonner si vite”… pour moi c’était cette impression que je ressentais: un abandon !
J’ai vécu un allaitement qui s’apparentait au calvaire, avec une fatigue extrême, ce qui m’a épuisé au possible. Ajoutez à cela les petites nuits, les maladies infantiles, le baby blues… Autant dire que je n’étais absolument pas prête à recommencer le travail après 2 mois et demi!

La seule chose qui me réconfortait était que, la crèche dans laquelle je l’avais inscrit étant complète, mon bébé allait passer les 3 premiers mois de garde chez ma maman et qu’il recevrait tout l’amour et les câlins qu’il lui faudrait, comme s’il était avec moi.

Le jour de la reprise, le calvaire

Je me souviens parfaitement du jour J de la reprise… J’avais passé la semaine qui précédait à pleurer toutes les larmes de mon corps et à ne pas profiter des derniers moments avec mon bébé. J’aurais pu accepter le certificat de mon médecin qui avait clairement vu en moi une maman épuisée, un peu au bout du rouleau, et certainement pas prête à recommencer dans la vie active sereinement, mais ma fierté en a décidé autrement.

Me voici donc dans la salle de bain essayant de cacher les stigmates des cernes que les larmes ont creusées durant une semaine, des nuits hachées et à avoir tellement la boule au ventre et la nausée que je ne pouvais rien avaler, déposer bébé chez ma maman… et enfin tenter d’être forte dans la voiture qui me conduit au travail!

Bien entendu, j’étais heureuse de revoir mes collègues, et ils l’étaient également car pour eux j’ai été absente depuis un long moment (4 mois et demi de grossesse pour rappel)… Mais je n’avais qu’une envie: rentrer chez moi et de serrer mon bébé dans les bras…

Des semaines compliquées

C’est donc ainsi que toute la première semaine s’est passée, entre le rire et les larmes, entre les passages aux toilettes avec les larmes qui coulaient… et puis la fatigue, les trajets, le stress, la nervosité… Tout s’installe petit à petit, il faut trouver son rythme, son organisation. Et puis se réjouir d’être enfin en congé pour être en famille! Les semaines ont été longues et compliquées avant que je puisse retourner au travail avec le sourire et sans la culpabilité de laisser un bébé bien trop petit loin de sa maman.

Ce n’est que mon témoignage, mais je sais que l’on est beaucoup à vivre cette situation injuste du congé prénatal qui réduit significativement le congé de maternité. C’est un énorme sentiment de punition tant pour nous que pour le bébé qui arrive et qui a besoin de sa maman.

Je ne désespère pas et je rêve qu’un jour ceux qui nous gouvernent comprennent enfin cette situation et ne pénalisent plus la maman qui DOIT arrêter de travailler pour mener à bien sa grossesse, car rappelons-le, ce n’est pas un caprice mais un ordre médical.

Aujourd’hui, j’ai eu un deuxième bébé et j’ai pu mener ma grossesse à terme et profiter pleinement de mon congé de maternité… Et sincèrement je me dis avec le recul que l’on m’a volé le congé mat de mon premier enfant…

Vous pouvez retrouver l’univers d’Audrey par ici.

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