Les meilleurs réflexes anti-cancer

Les meilleurs réflexes anti-cancer
Reporters

Bien sûr, le bouclier anti-tumeurs, efficace à 100 % n’existe pas (encore). Néanmoins, en adoptant de meilleures habitudes et en limitant les comportements néfastes, on limite sensiblement les risques.

« Je suis persuadé que chez la plupart des gens, le cancer n’est pas lié à un contact massif avec un facteur cancérigène très puissant. Mais plutôt qu’il est le résultat d’une accumulation de petits contacts avec de petits facteurs cancérigènes », explique le Pr David Khayat, auteur de Prévenir le cancer, ça dépend aussi de vous. « Aucun, à lui seul, ne serait suffisant pour provoquer l’apparition d’un cancer. Mais un peu de pollution, un peu de tabagisme passif, un peu de solvant dans les produits de ménage, un peu de « mauvais » aliments, ajouté à un peu de soleil, un peu de radioactivité résiduelle dans l’atmosphère, un peu de stress… et voilà le cocktail dangereux qui prépare l’arrivée de la pathologie. » La bonne nouvelle, c’est qu’en prenant certaines mesures, nous demeurons des acteurs capables d’agir pour notre bien. Et ce, sans fournir des efforts insurmontables mais en prenant d’abord conscience de ces influences afin de les réduire. Parce que 30 à 50 % des cas de cancer pourraient être évités grâce à des comportements plus sains, il est temps de se prendre en main.

Pas de potion miracle

Il n’existe pas de substance magique permettant de prévenir tout risque de tumeur! Selon le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer (FMRC), il faut être prudent quant à la consommation de compléments alimentaires dont on vante les vertus protectrices car, consommés en grande quantité, ils pourraient faire pire que bien. Ainsi, de fortes doses de bêta-carotène, d’acide folique (vitamine B9) ou de sélénium influenceraient le développement de certaines tumeurs. Mêmes les oméga 3 sont soupçonnés en cas de forte dose. Bref, mieux vaut demander conseil à votre médecin.

Gros frein sur la junk food

Pizzas, burgers et autres bombes caloriques grasses et sucrées font grimacer les nutritionnistes, les cardiologues mais aussi les oncologues. Avalées à outrance, les graisses d’origine animale tout comme les graisses hydrogénées sont incriminées dans l’apparition de certains cancers. En effet, stockées en excès dans l’organisme, elles provoquent une augmentation de la production d’œstrogènes impliqués dans certains cancers hormono-dépendants (sein, utérus…). D’autre part, une alimentation trop riche en lipides peut entraîner une obésité, deuxième facteur de risque du cancer, après le tabac.

Vapotter, pas sans danger

Alors que les ravages du tabac (qui provoque plus de 25 % de décès liés au cancer) semblent connus, le pourcentage de fumeurs a diminué d’à peine 1,5 % en 5 ans, passant de 24,5 % en 2008 à 23 % en 2013. Chez les 15 à 24 ans, le nombre de fumeuses est en augmentation. Pour la première fois, la proportion de fumeuses (22,5 %) est même plus élevée que celle de fumeurs (21 %). Quant à la cigarette électronique, elle ne constitue pas la panacée, souligne-t-on à la Fondation contre le Cancer: même si vapotter semble nettement moins toxique, ses vapeurs ont des effets irritants sur la bouche, la gorge et les voies respiratoires.

 Vive l’ombre!

Chaque été, les messages de prévention le rappellent: l’exposition aux U.V. augmente nettement le risque de cancer de la peau. Le plus agressif, le mélanome, touche plus fréquemment les femmes jeunes. Le bronzage artificiel ne constitue pas une protection en empêchant les brûlures, comme on le pense souvent: au contraire! La Fondation contre le Cancer n’hésite pas appeler les bancs solaires des « machines à cancers » et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) les range dans la même catégorie que le tabac ou l’amiante. Si vous avez accumulé les coups de soleil durant l’enfance, ne plongez pas la tête dans le sable! Montrez régulièrement vos grains de beauté à un dermatologue. Et s’ils présentent un aspect, une forme, une couleur ou une dimension qui se modifie, consultez rapidement. Le mélanome, diagnostiqué et traité précocement, se traite de mieux en mieux.

Un verre, ça va?

Plus d’un verre d’alcool par jour élève le risque de développer certaines tumeurs. Principaux organes touchés? Le foie, la bouche, la gorge, le larynx, l’œsophage, le sein et le côlon. En effet, celui-ci détruit le foie, véritable usine chimique de notre organisme et ralentit la réparation de l’ADN altéré. Mais en se limitant à une seule boisson alcoolisée (vin ou bière) par jour, bénéficie-t-on de ses antioxydants, sans souffrir des inconvénients? Si cela semble le cas pour les maladies cardiovasculaires, les oncologues se montrent sceptiques: des études récentes semblent prouver que même avec une consommation modérée, le risque de cancer est accru. A évaluer avec son médecin donc, sans pour autant se priver des plaisirs de la vie!

Bougez!

Toutes les études le démontrent: une activité physique régulière diminue nettement le risque de divers cancers (colon, sein, endomètre, poumon, pancréas, prostate, ovaire), y compris celui de récidive de cancer du sein. En effet, le sport agit déjà sur la prévention du surpoids et de l’obésité, mais aussi sur les taux de diverses hormones et facteurs de croissance qui favorisent la prolifération cellulaire. La « posologie » minimale recommandée est de 30 minutes d’activité modérée, trois à cinq fois par semaine.

La végé attitude

Là où toute la communauté scientifique est unanime, c’est sur l’importance de manger environ 500 g de légumes et de fruits par jour, en variant le plus possible leurs couleurs et saveurs, à compléter avec des légumineuses et des céréales riches en fibres qui réduisent les risques de cancers du côlon et du rectum. Quant aux « super-aliments » (baies de goji, graines de chia, thé kombucha, fruit açaï, graines de lin, etc.), ils ont surtout l’avantage de rendre nos frigos moins monotones et de contribuer à notre santé, mais n’ont pas de super pouvoirs anti-tumoraux.

On limite la viande

Trop de viandes rouges (bœuf, porc et mouton), surtout si elles sont préparées (fumées ou salées, comme la charcuterie) provoquent davantage de cancers du colon et dans une moindre mesure, d’autres cancers digestifs, du poumon, de l’endomètre, de la prostate. A éviter également: les cuissons trop vives qui génèrent des substances nocives. L’idéal: réduire sa consommation de viande à 500 g par semaine, en se tournant vers la volaille, le poisson… Et instaurer, une fois par semaine, un jour sans produits animaux où l’on fait la part belle aux préparations végétariennes. Tout bénéfice pour notre santé, pour notre portefeuille et même pour la planète.

Cachez ce sel…

L’excès de sel répété serait impliqué dans le cancer de l’estomac, l’un des dix cancers les plus fréquents sur la planète. En effet, ce condiment agresse, provoque une inflammation et atrophie la muqueuse gastrique. Et comme les aliments salés ont tendance à stagner dans l’estomac, cela aggrave les dégâts. Pour rappel, la consommation de sel ne devrait pas excéder 5 g par jour (y compris celui présent dans les préparations industrielles, le pain, etc.). Ce qui rend le calcul effectif de sa consommation quasiment impossible. Comment réagir? Tout simplement en se souvenant que la majorité d’entre nous en mange trop. Et donc en troquant d’office la salière contre un moulin à épices et/ou à fines herbes et en évitant le plus possible tous les produits transformés.

 

Texte: Michèle Rager

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Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)