Cancer du sein: Loreta témoigne

Cancer du sein: Loreta témoigne
En 2004 on diagnostiquait un cancer du sein chez Loreta. Aujourd’hui, elle continue à se battre contre la maladie. Si elle a décidé de témoigner, c’est surtout «pour partager des réflexions positives avec les femmes qui vivent le même parcours difficile que moi.»

«On nous dit souvent que nous dégageons de la bonne humeur», raconte Loreta, évoquant son couple avec Jean-Marie, l’homme qui partage sa vie depuis dix ans. «Nous avons les mêmes passions et sommes heureux d’être ensemble», ajoute cette joyeuse maman de deux enfants aujourd’hui adultes. Diagnostiquée atteinte d’un cancer du sein en 2004, elle estime avoir une bonne dose de choses positives à communiquer.

 

A la suite d’un mammotest…

«Je venais à peine de me remarier lorsque j’ai reçu une invitation à aller passer le mammotest. Je m’y suis rendue sereine, oubliant même de demander les résultats. Mon médecin m’a appelée quelques jours plus tard pour me dire que des examens complémentaires s’imposaient. Un choc.

Et une surprise quand on me répondit dans un grand hôpital universitaire bruxellois qu’il n’y avait pas de rendez-vous possible avant le mois de juin; nous étions en mars 2004… J’ai heureusement pu être reçue dans une clinique privée. Diagnostic: trois tumeurs dans le sein droit. J’ai eu affaire là-bas à une oncologue extraordinaire qui prenait vraiment le temps avec tout le monde.»

  • Confiance «On se sent ‘comme s’il fallait se laisser tirer par la main, les yeux bandés’. C’est très important d’être en confiance avec son oncologue. Certains médecins sont exemplaires; d’autres sont trop techniques.»
  • Coût «Il faut être riche pour se soigner. Il n’était pas rare que mes factures frisent les 1000 € par mois. J’ai aussi découvert des écarts de prix énormes entre les différents hôpitaux. Enfin, j’ai été étonnée du nombre de spécialistes qui demandent des suppléments hors souche: 65 €, 100 €… Je me demande comment je m’en serais sortie sans assurance hospitalisation.»

 

Première chimio

«L’équipe pluridisciplinaire (radiothérapeute, kiné, chirurgien, cardiologue…) a opté pour une chimio adjuvante en guise de premier traitement. Objectif: diminuer la taille des tumeurs avant l’opération pour essayer d’éviter la mastectomie. Pourtant je n’étais pas traumatisée à l’idée d’une éventuelle ablation. J’en avais parlé avec mon mari et on était d’accord tous les deux pour mettre toutes les chances de mon côté.

Cette première chimio a été assez dure: nausées, diarrhée, perte des cheveux et de toute pilosité, visage un peu bouffi à cause de la cortisone… Et puis, il y avait la fatigue. Les séances avaient lieu le lundi, une semaine sur trois. Jusqu’au mercredi, je me sentais bien. Du mercredi au dimanche suivant, j’étais épuisée. Mais j’ai continué à travailler, deux semaines sur trois. J’en avais besoin.»

  • Image de soi «Dans cette première phase, elle est difficile à accepter. Le crâne nu, la perte des cils et des sourcils qui affadit l’expression, la prise de poids parfois… Les cheveux tombent, d’un seul coup sur l’oreiller, c’est impressionnant. Puis, vient un moment où ils repoussent. Ce qu’on ne sait pas toujours, c’est qu’ils n’ont pas nécessairement la même apparence qu’avant. Ils peuvent être frisottants, d’une couleur inattendue.»
  • Travail «J’ai eu la chance d’avoir un patron et des collègues formidables et de continuer à travailler. J’étais en chimio en même temps qu’une maman, fleuriste, qui se demandait qui allait tenir la boutique parce que son mari, perturbé par la maladie, l’avait quittée.»

 

L’opération

«Finalement, une mastectomie a été effectuée en novembre. Effets indésirables? Une petite excroissance à cause d’un drain enlevé trop vite. Et une légère sensation d’endormissement consécutive à l’ablation des ganglions.

S’en sont suivis trois mois de radiothérapie – consistant en l’envoi quotidien de rayons pendant 10 minutes – pour nettoyer la zone. C’est un traitement que j’ai assez bien supporté. En avril 2005, j’ai retrouvé une santé normale. Tout en continuant les contrôles tous les trois mois.»

  • Lingerie «Je ne me suis pas orientée vers la chirurgie réparatrice car j’ai peur de l’anesthésie. Du coup, je me suis retrouvée chez un bandagiste qui m’a proposé quelques modèles dignes de nos grands-mères, sans compter les maillots! Et c’est horriblement cher.»
  • Des malades trop peu entourés Je trouve qu’en Belgique, on est vachement gâtés en matière d’équipement, de recherches… Mais qu’on devrait faire beaucoup plus dans certains domaines: rembourser des perruques de qualité, arrêter de considérer les pommades contre la sécheresse cutanée comme des produits cosmétiques, offrir les conseils d’une esthéticienne… En Flandre, les malades sont mieux entourés.

«Je ne comprends pas pourquoi les marques de lingerie ne développent pas une collection adaptée. Il y a un tel potentiel!»

 

Les récidives

«Je me croyais à l’abri. Mais fin 2006, lors d’un contrôle, on a détecté des métastases au foie, bien localisées. J’étais à mille lieues d’imaginer ce

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