Avoir un bébé à 40 ans?

Avoir un bébé à 40 ans?
Rachida Dati, ministre française de la Justice vient qu’elle était enceinte, à plus de 42 ans. Et ça n’étonne personne! Les médecins restent réticents, mais les sociologues y voient une nouvelle évolution de la femme.

C’est injuste: aujourd’hui, les femmes font de plus longues études, doivent se battre pour trouver un emploi stable, puis un mari prêt à fonder une famille. Il ne leur reste alors qu’une petite dizaine d’années pour avoir des enfants, l’âge limite de la procréation restant, lui, définitivement bloqué à 42-45 ans.

Et pendant ce temps, l’espérance de vie continue à augmenter! Et à 35-40 ans, on se sent au top de sa jeunesse et de sa féminité. On a bien profité de la vie et on est désormais totalement disponible pour pouponner. Les mamans de cet âge seraient même généralement plus patientes.

«C’est vrai, la femme de 40 ans d’aujourd’hui est encore jeune physiquement, souligne le docteur Corinne Hubinont, professeur d’obstétrique à la faculté de médecine de l’UCL. Rien à voir avec la femme de 40 ans d’il y a un demi-siècle! Malgré tout, ses ovaires, eux, ont 40 ans et arrivent en bout de course.»

 

Bébés des villes

Premier problème: la diminution de la fertilité. Si la chance de tomber enceinte est de 20 % à chaque cycle à 25 ans, elle n’est plus que de 12 % à 35 ans, 6 % à 40 ans et quasiment 0 % à 45 ans. «De plus, les risques de trisomie augmentent considérablement (1 sur 900 cas à 25 ans, 1 sur 380 à 35 ans, 1 sur 28 à 45 ans), ajoute le docteur Hubinont. De même que les risques d’hypertension, de diabète, de malformation pour le bébé, de fausses couches… Une grossesse est une agression, surtout pour un corps de 40 ans qui n’a jamais connu ça. On les suit donc beaucoup plus. Ceci dit, le gros avantage avec ces mamans, c’est qu’elles sont beaucoup plus attentives à ce que tout se passe bien et qu’elles suivent davantage mes conseils!»

Ce phénomène, de plus en plus fréquent, est cependant propre aux classes sociales favorisées, les femmes des milieux plus simples et/ou ruraux continuant à faire des enfants tôt. «Les citadines, explique Bernadette Bawin, sociologue, font des études, travaillent… Certaines mettent plus de temps à rencontrer quelqu’un pour fonder une famille. Beaucoup divorcent, puis se remettent en couple et éprouvent le désir de faire ou refaire un bébé avec le nouvel homme de leur vie. Comme les médias (à travers les stars) et la médecine leur disent que c’est possible, pourquoi n’en profiteraient-elles pas?»

Corinne Hubinont, elle, pointe du doigt une société du travail encore trop axée sur les hommes et qui ne permet pas aux femmes de combiner harmonieusement travail et bébé.

 

Un changement de société

Reste que si le phénomène se généralise, la société entière va s’en trouver modifiée. «La mère aura une image plus mûre, plus posée, plus construite, explique Bernadette Bawin. A 60 ans, elle sera maman d’ados qui voudront faire des études: plus question donc de prendre sa retraite trop tôt! Les grands-mères seront trop âgées pour s’occuper de leurs petits-enfants, d’où une autre dynamique dans les générations. Mais surtout en raison d’un investissement affectif énorme sur l’enfant, ces mamans risquent de fabriquer des enfants-rois, qui deviendront des adultes prenant difficilement leurs responsabilités.»

On ne fera de toute façon pas machine arrière. Et même si la médecine continue à conseiller de faire des enfants plus tôt (au risque de ne pas pouvoir en avoir du tout), elle accompagne tous les jours des grossesses à plus de 40 ans qui se déroulent à merveille. Au fond, la possibilité d’avoir des enfants plus tard n’est-elle pas, au même titre que le droit de vote, la pilule ou le travail des femmes, une formidable avancée pour la femme qui peut ainsi profiter pleinement de sa liberté et se lancer dans la maternité une fois ses autres rêves réalisés? 
  

Un nouveau rôle pour Rachida

On la prenait pour une arriviste, une droguée du boulot, bulldozer autoritaire et culottée. Rachida Dati vient d’adoucir tous ses angles en annonçant à 42 ans la venue de son premier enfant. «C’est le rêve de ma vie», a-t-elle dit. Voilà une annonce qui tombe on ne peut mieux pour redorer le blason de la ministre de la Justice française, un peu tombée en disgrâce depuis quelques décisions impopulaires et, surtout, depuis que Carla Bruni a éclipsé la cour féminine de son président de mari.

Née d’un père marocain et d’une mère algérienne, tous deux analphabètes, cette magistrate avait forcé l’admiration en se hissant aux plus hautes strates du pouvoir, malgré ses origines sociales populaires. Hélas, son ambition dévorante, son sens de la manipulation et de la peopolisation à l’extrême avaient tôt fait d’attirer sur elle les critiques.

Dès janvier prochain, Rachida endossera un nouveau rôle hors du commun et particulièrement moderne: celui d’une mère célibataire (elle n’a pas dit un mot sur le père, arguant une vie privée compliquée) de 42 ans qui a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne sacrifierait pas sa carrière à l’arrivée de son enfant.  

 

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Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)