Real Women Project: interview d’Ophélie Longuépée, la photographe qui sublime la pluralité des corps

Real Women Project: interview d'Ophélie Longuépée, la photographe qui sublime la pluralité des corps
© Ophélie Longuépée

L’exposition Real Women Project se tient jusqu’au 21 septembre dans le salon de beauté éthique Idyl Conscious Beauty, à Bruxelles. Elle célèbre les femmes et entend leur insuffler davantage de confiance en elles. 

Le projet photo Real Women met en lumière les corps sans artifices, beaux parce qu’imparfaits, multiples et différents. Pétris par la vie, marqués par le temps, ils sont les témoins de nos histoires. Vaisseaux et carnets de bord à la fois. Nous avons rencontré Ophélie Longuépée, la photographe qui a posé son regard bienveillant sur ces modèles d’un jour, sur ces femmes véritables.

Real Women Project: l’interview

1) Comment est né le projet Real Women? Quelles sont ses motivations, et comment se sont créées les rencontres ?

Le projet est né d’une conversation entre Sybille de TRUC (magasin mobile de slow fashion) et Marie (créatrice du salon Idyl Beauty, qui propose des soins 100% naturels) à propos de l’inadéquation entre les corps des mannequins traditionnelles et notre réalité. Marie expliquait qu’elle ne se retrouvait pas dans les mannequins qui portaient les vêtements sur certains e-shop. J’avais déjà travaillé avec Sybille pour TRUC, le feeling s’est vite installé entre nous, du coup elle m’a recontactée pour parler du projet: des femmes au naturel, sans retouches, sans artifices. J’ai accepté sans réfléchir, car je crois de plus en plus en la photothérapie, du coup ça regroupait toutes les choses sur lesquelles j’avais envie de travailler: les femmes, leur corps, l’acceptation de soi, le naturel, la bienveillance…

2) Les 5 modèles sont des entrepreneuses et non des mannequins professionnels. Comment as-tu réussi à leur donner confiance pour qu’elles osent se dénuder face à l’objectif?

Bizarrement, ça a été assez facile pour elles de se dénuder face à l’objectif. Le shooting s’est passé très naturellement. Marie nous a toutes accueillies chez elle, il y avait une aura hyper bienveillante qui planait au-dessus de nous! Les filles se connaissaient plus ou moins, donc il n’y avait aucune gêne. Le plus difficile par contre, a été de les confronter au résultat des photographies, forcément différent du propre regard qu’elles ont d’elles-mêmes. Comme disait Marie, quand on se regarde dans un miroir ou qu’on se prend en photo quand on est en vacances, on essaye toujours de se montrer sous son « meilleur jour », ou sous l’angle qui nous « flattera » le plus. Se confronter à un regard extérieur, ça veut aussi dire se mettre en danger, et accepter d’être vue d’une autre manière. Finalement, après de longs échanges, elles ont appris à aimer leur corps, à le voir tel qu’il est.

3) En tant que photographe, ressens-tu un changement concernant le regard posé sur le corps féminin ou penses-tu qu’il y a encore du chemin à faire pour changer les représentations stéréotypées ?

Je pense qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire malheureusement… L’approche de l’été est toujours un cap difficile à passer entre les magazines féminins qui proposent diverses manières de perdre du poids et d’avoir un « bikini body » parfait avant l’été, comme si c’était l’objectif de l’année. C’est tellement superficiel dans le fond, et tout ça pour plaire à qui? À soi ou aux autres? Je trouve toujours ça drôle de voir un article où l’on prône l’acceptation de soi, et la page d’après une pub complètement irréaliste ou un dossier sur le nouveau régime in où tu peux perdre 4 kilos avant l’été en faisant le moins d’efforts possible! Quel est le message que les femmes reçoivent finalement? Que la chose la plus importante est d’avoir un corps sans défaut? On sent qu’il y a de plus en plus une envie de coller à la réalité, sans prendre encore trop de risques. À quand les productions avec de « vrais » corps par exemple?

Le bonheur tient-t-il donc qu’à quelques kilos ou à quelques vergetures?

Heureusement aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux notamment, la parole est donnée à beaucoup plus de monde, et il est de plus en plus facile de faire passer un message. On voit beaucoup de mouvements émerger à droite à gauche de la planète, comme le mouvement All Women Project, qui nous a pas mal inspirées, ou encore Laura Calu et son #objectifbikinifermetagueule. Concrètement, le changement est en marche, mais pour que les femmes puissent commencer à s’accepter et s’aimer telles qu’elles sont, il faut que ce changement soit à plus grande échelle, c’est-à-dire qu’il doit aussi se faire dans la pub, la mode, les médias, les grandes marques… Le bonheur tient-t-il donc qu’à quelques kilos ou à quelques vergetures? Franchement les filles, on a autre chose à faire que ça!

Infos pratiques

L’exposition Real Women Project se déroule du 15 juin au 21 septembre 2018 au salon de beauté éthique Idyl Conscious Beauty, à Bruxelles (rue Tasson-Snel 37, Saint-Gilles). L’équipe est actuellement à la recherche d’autres modèles et d’un nouveau lieu pour le prochain shooting. Une seconde exposition se tiendra à la fin du mois de septembre lors de l’événement Slow Fashion Market, qui aura lieu dans le centre de Bruxelles.

Le body positivisme vous intéresse? Ces articles sont pour vous

Pour être au courant de toutes nos astuces mode, beauté, cuisine et l’actualité, suivez-nous sur notre page Facebook, nos comptes Instagram et Pinterest, ou inscrivez-vous à notre newsletter.

Continuez votre lecture ci-dessous, après la publicité

Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)