Mon enfant ment: c’est normal?

Mon enfant ment: c'est normal?
C'est fou ce qu'ils peuvent nous raconter comme bobards! Mais peut-on pour autant parler de mensonges? Imaginez qu'il vous dise tout… Il se sentirait transparent. A l'opposé, s'il gardait tout pour lui, bonjour les secrets trop lourds ou inutiles à porter.

Pourquoi?

  • Pour éviter d'être puni. Que faire? Anticipez en lui expliquant tous les désavantages du mensonge. Raconter les histoires des autres plutôt que de sanctionner est plus efficace ("Tu vois Julie, elle dit qu'on a volé son pull alors qu'elle savait qu'elle l'avait perdu, quelles embrouilles!"). Si son mensonge est volontaire (votre ado veut couvrir sa sortie), liez la sanction au domaine concerné (privez-le de sa prochaine soirée). Mais, en aucun cas, la punition ne remplacera une discussion.
  • Pour se prémunir de ses émotions. Certains enfants se mentent pour se protéger ("Je n'ai pas d'amis parce que j'ai pas le temps, j'ai trop de devoirs").
  • Par besoin d'exister. Il raconte des histoires pour sortir du lot ou bénéficier d'un traitement de faveur. Il arrive que inconsciemment, il soit poussé par ses parents qui veulent qu'il soit autre que ce qu'il n'est. Cela dit, si votre Pinocchio devient un mythomane chronique, n'hésitez pas à consulter. 
  • Pour préserver son intimité. Surtout à partir de 11-12 ans. Le mensonge devient le lieu caché de toutes les pensées interdites aux parents (le sexe entre autres).
  •  Pour protéger l'autre. Qu'il s'agisse d'un ami ou de ses parents (l'addiction d'un parent, les conflits de couple). "On verra par exemple un enfant délaissé raconter à ses copains toutes les activités partagées en famille ou mentir à ses parents sur ses propres problèmes parce qu'il les sent trop fragiles".

A chaque âge ses mensonges

  • Les tout-petits Ils ne mentent jamais intentionnellement. Réalité et fantaisie se mêlent: "Le loup, c'est lui qui l'a fait!"
  • Avant 4 ans Les enfants arrangent la réalité selon leurs peurs ou souhaits. Leurs mensonges sont tour à tour désarmants: "Tu crois que c'est vrai mais j'te jure, c'est pas vrai!" ou émouvants: "Mon papa va venir en tapis magique!"
  • Dès 5 ans Le premier petit mensonge leur donne conscience de leur personnalité et de leur intimité. Si vous les prenez en flagrant délit, rappelez-leur les risques mais surtout l'intérêt d'avoir confiance en vous, et inversement.
  • Vers 6-8 ans Les adultes ne sont plus ceux qui ont toujours raison, les interlocuteurs à qui ils dévoilent tout. Par ailleurs, ils ont moins de scrupules à mentir si vous leur déguisez souvent la réalité.
  • Entre 8 et 12 ans Non seulement vos petits chéris se détachent de vous mais ils se rapprochent de leurs pairs. Une petite déformation, exagération ou omission fera l'affaire pour se faire accepter d'eux.
  • A partir de 12 ans Les mensonges des pré-ados ont une importance très relative à leurs yeux. Gardez-vous de vouloir percer tout ce qu'ils cachent. Ils ont à vivre leurs expériences et à en assumer les conséquences.

On réagit comment?

  •  Evitez d'humilier l'enfant, tenez-vous en aux faits.
  •  Plutôt qu'un "pourquoi?" agressif, préférez la méthode indirecte: "J'ai l'impression que tu es rentré tard. On s'était pourtant mis d'accord"… 
  • Lorsque la vérité est longue à venir, proposez-lui de venir en parler un peu plus tard.

Un bon livre pour en savoir plus: Petits silences, petits mensonges – Le jardin secret de l'enfant, D. Castro, éd. Albin Michel.

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Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)