Internet et enfants: danger

Internet et enfants: danger
Même les plus jeunes manient la souris avec la dextérité de Bill Gates. Du coup, les parents, dépassés par les compétences de leur progéniture et leur trop grande familiarité avec le net, s’inquiètent.

Selon une récente étude Ipsos (*), 3 enfants sur 10 sont volontairement ou involontairement confrontés à des contenus choquants sur le Net. Soit en cherchant un site, soit en téléchargeant une musique ou un film. Le danger étant, non seulement d’avoir une vue biaisée de la sexualité, en ce qui concerne les images pornographiques, mais d’une manière plus générale de ne plus aiguiser leur sens critique par rapport à une information et des images de plus en plus envahissantes sur la toile. Sans oublier la perte d’identité ou d’intimité sur leurs réseaux sociaux. Autant de risques que l’on aimerait éviter.

En supprimant l’accès à l’ordinateur, puis-je prévenir les risques?

Philippe Béague, psychologue, psychanalyste, directeur de l’association Françoise Dolto «Ce serait dommage car internet est une mine d’informations et de rencontres, un atout extraordinaire leur permettant de voir ce qui se passe ailleurs. Plus les enfants seront habitués à s’y balader, mieux ils seront insérés dans le monde et dans leur avenir. Le hic, c’est que jadis les enfants avaient leurs parents et l’école comme références éducatives. Aujourd’hui, ils sont également éduqués par le web. Aux parents de rester disponibles pour rassurer, informer, expliquer les dérives engendrées par la toile comme par toute société. Encore doivent-ils rester sereins, parce que les enfants sont davantage angoissés par l’angoisse de leurs parents!»

L’ordinateur doit-il rester dans une pièce commune?

Pr Martin Valcke, directeur du Centre de recherche sur l’éducation à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de l’Université de Gand «Oui. Depuis quelques années, le niveau de contrôle parental diminue fortement. Nous avons pourtant observé que cette situation dépend de l’intérêt des adultes pour les technologies: s’ils sont eux-mêmes fort présents sur la toile, ils posent davantage de limites. S’ils sont peu actifs, ils fixent moins de règles. Or, le contrôle des parents reste indispensable. Ne laissez donc pas l’écolier seul dans sa chambre avec un ordinateur. Installez-le dans un lieu de passage. Cela limitera naturellement sa consommation excessive de jeux ou de chats et diminuera le risque de désocialisation au sein de la famille.»

A quels éléments sensibiliser l’enfant?

Pr Martin Valcke «Voici cinq ans, 7 % des écoliers estimaient “normal” de rencontrer des inconnus via Internet. En 2009, ils sont… 18 %! En les interrogeant, nous avons constaté qu’ils confient facilement leurs coordonnées, envoient des photos ou chattent avec quelqu’un. A leurs yeux, le principal attrait de la toile, c’est de se faire des nouveaux copains. Après quelques jours de “dialogue” virtuel, ils considèrent cet inconnu comme un ami. Les adultes (les pères et mères mais aussi les professeurs) jouent un rôle essentiel: informer des risques des mauvaises rencontres, des sites de propagande, des usages illégaux… Mais aussi comprendre l’intérêt de garder ses mots de passe secrets et apprendre à développer un sens critique par rapport à ce qu’ils découvrent sur la toile. Les parents ne doivent pas hésiter à répéter continuellement ces informations

Légalement, il n’existe aucun recours?

François Coppens, chercheur au Centre de Recherche Information et Droit (CRID), avocat au barreau de Bruxelles «Contrairement à ce que beaucoup imaginent, il n’existe pas de vide juridique en la matière. La législation belge nous permet d’appliquer à internet des règles et des solutions existant dans le monde réel. Ainsi, si un enfant commet des infractions sur le web (par exemple, le cyber-harcèlement), la responsabilité civile des parents et/ou des enseignants (si l’accès au PC n’est pas surveillé à l’école) peut être engagée. Et une demande de réparation peut être envisagée. Donc, non, internet ne représente pas une zone de non droit! Tout y est punissable… Lorsqu’un mineur est concerné, les faits sont soumis au Tribunal de la Jeunesse et les sanctions peuvent aller jusqu’à l’enfermement. Bon à savoir: à partir de 6 – 7 ans, le législateur considère que l’enfant

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Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)