Ecouter, un art difficile

Ecouter, un art difficile
Ecouter, c’est humain et universel. Inné, même. Evident pour autant? Hélas non! Car nous avons beau être équipées d’adorables petites oreilles ultra-perfectionnées, les obstacles à l’écoute sont nombreux. Nous allons donc vous réapprendre à écouter!

Savez-vous que notre cerveau ne capte en réalité qu’une toute petite partie de ce que nos oreilles entendent? Celles-ci envoient environ 100 000 bits par seconde au cerveau, mais notre conscient n’en saisit que 40, voire moins lorsqu’il s’agit de sons complexes (écouter attentivement une amie, par exemple). Objectif? Nous protéger de la cacophonie qui nous entoure: le ronron de l’ordinateur, le tic-tac de l’horloge, les borborygmes du frigo, la télévision en bruit de fond, les voitures, les plaintes incessantes de notre belle-mère… «Au bout de quelques minutes, explique Marina Castañeda, auteur de Ecouter, on arrête d’entendre tout son permanent, répétitif ou jugé sans importance. C’est 'l’accoutumance', qui ne se produit pas dans les organes sensoriels, mais dans le cerveau.»

 

On pense quatre fois plus vite qu’on n’écoute

Autre réalité physiologique: nous pouvons écouter entre 400 et 600 mots par minute, alors que la personne en face de nous ne peut en prononcer qu’environ 150 par minute. Ça nous permet de laisser nos pensées divaguer, avec le risque de perdre le fil de la conversation. Car le manque de concentration est un autre grand ennemi de l’écoute. Il paraît que nous ne retenons que 50 % de ce que nous entendons, une proportion qui diminue de moitié deux jours plus tard. La durée moyenne de la capacité d’attention serait de 20 minutes, et celle de la concentration absolue… de 8 secondes! Tout dépend cependant de CE QUI se dit (nous focalisons notre attention, en ordre décroissant, sur nos besoins physiques, sur les stimuli liés au danger ou au sexe, sur les stimuli nouveaux, sur un objet qui nous intéresse particulièrement, sur notre propre nom…), et de QUI le dit! Car nous avons tendance à accorder plus d’attention à une personne qu’on perçoit comme étant supérieure dans la relation de pouvoir. «L’écoute de la personne la plus forte dans une relation est très différente de celle de la subordonnée, explique Marina Castañeda: elle tend à être un peu condescendante. Elle peut arrêter d’écouter, changer de sujet, interrompre l’autre, ou mettre fin au dialogue (en donnant ou non des excuses), sans que la personne d’«en bas» puisse objecter. De son côté, l’écoute de la personne la plus faible est généralement plus respectueuse; elle témoigne plus d’intérêt, accorde davantage d’importance à l’échange, s’en souviendra mieux, et fera plus d’efforts pour maintenir la relation.»

 

Retrouvez la suite de cet article dans votre Femmes d'Aujourd'hui du 14 février 2013.

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