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3 témoignages de relation toxique. Une consigne: fuyez!

Collègue manipulateur, amie envahissante, parent malveillant, conjoint pervers narcissique… Loin de nous faire du bien, cette personne sape …

Collègue manipulateur, amie envahissante, parent malveillant, conjoint pervers narcissique… Loin de nous faire du bien, cette personne sape notre confiance en nous. Séductrice en apparence, destructrice en réalité! Le challenge: identifier ces nuisibles pour les empêcher de ruiner nos vies. Et fuir!

“J’ai tout de suite vu en Isabelle l’amie idéale”

“J’ai tout de suite vu en Isabelle la meilleure amie idéale. Qu’il s’agisse de me remplacer au boulot, de me conseiller quand j’avais un souci de couple, de s’occuper de mes enfants pour que je puisse faire des heures supplémentaires… c’est bien simple: elle était toujours là, au propre comme au figuré. J’ai été aveugle pendant des mois. Jusqu’au jour où il m’a fallu me rendre à l’évidence: elle avait fait de moi sa chose», confie Olivia, 46 ans.

Comme beaucoup de victimes, cette secrétaire de direction en arrêt maladie n’a rien vu venir… ou trop tard. «C’est ce qu’on appelle les relations toxiques, initiées par des individus manipulateurs qui sont en fait de véritables vampires: leur objectif est de se nourrir de votre joie de vivre, de votre bonheur, de capter tout ce qu’ils ne peuvent éprouver ou vivre eux-mêmes. Leur processus est pervers et composé de trois actes: ils commencent par vous charmer pour ensuite mieux vous trahir et enfin, vous démolir. Ce sont des machines à détruire», explique Liliane Charenzowski, psychologue et coach*.

Opération séduction

C’est comme ça qu’Olivia a été piégée: «Au départ, Isabelle me mettait sur un piédestal. Au boulot, elle vantait mon perfectionnisme, sur le plan privé, elle se montrait admirative de mon couple et de ma famille. Elle me mettait constamment en valeur.» Or c’est à cette étape du processus qu’il faudrait idéalement être sur ses gardes. «Cette gentillesse extrême, cette prévenance excessive, cette façon d’encenser subitement et de n’avoir d’yeux que pour quelqu’un doivent alerter. Personne ne peut vouloir de bien gratuitement à ce point, on ne peut pas aimer autant quelqu’un d’entrée de jeu», prévient Liliane Charenzowski. Derrière cette ‘amitié’ sans borne, pointe en effet le désir de vider l’autre de toute substance. Selon la spécialiste, dans ce type de relation, cet enthousiasme feint n’est en réalité destiné qu’à mieux ferrer sa proie. Et en effet, Olivia a vite déchanté: «Isabelle a changé du tout au tout et est devenue terriblement méprisante. Elle trouvait mes collègues, ‘pas assez bien pour moi’, m’a convaincue de ne plus aller aux repas d’équipe, de ne plus participer aux pots communs pour un départ à la retraite ou la maternité d’une collègue… “

Je me suis complètement isolée de tous

“Après quelques mois, je me suis complètement isolée de tous. Elle s’est ensuite attaquée à mon poste: elle m’a persuadée que je n’étais pas si compétente que ce qu’on voulait bien me faire croire, a évoqué des rumeurs sur mon compte, elle m’a oppressée à un point tel que j’ai commencé à perdre pied, à commettre des erreurs, à moins bien travailler. Comme je m’accrochais, elle m’a complètement disqualifiée dans l’entreprise. Cerise sur le gâteau, elle a aussi investi le champ privé: elle a descendu mon couple en flèche, rabaissait sans cesse mon mari et jamais en sa présence, elle a tenté de me persuader que mes enfants étaient un frein pour mon épanouissement personnel et me conseillait de tout quitter. Elle me disait aveugle, mal entourée, que derrière l’image de la femme parfaite, j’avais en fait raté ma vie. En quatorze mois, elle a fait de moi une autre. J’étais méconnaissable. Je n’avais plus aucune estime pour la personne que j’étais.»

Pour Liliane Charensowzki, les relations toxiques sont le contraire des relations authentiques, non calculées, spontanées. Elles visent à humilier, dégrader, piéger. «C’est une question de pouvoir. Le manipulateur, dans ce type de lien, est persuadé qu’il a le pouvoir de faire se sentir mal quelqu’un, sans aucun état d’âme», constate la spécialiste. Et quel que soit le domaine: couple, famille, travail, amitié… aucune sphère n’est épargnée. «A force d’être sous emprise, les victimes manipulées peuvent devenir de vraies loques. Le mot est fort, mais correspond malheureusement à la réalité.»

Une seule réaction: fuir!

Bien sûr, derrière chaque compagnon un peu exclusif ou chef autoritaire ne se cache pas un manipulateur en puissance. «Inutile de développer une paranoïa excessive», tempère la spécialiste. «Le maître mot est de rester sur ses gardes: ne pas se laisser envahir, même si cette nouvelle rencontre a l’air alléchante. Le prédateur repère sa proie, et même s’il n’existe pas de profil type, on constate cependant que les victimes, sur le plan professionnel, sont souvent de très bons éléments, compétents, doués, et sur le plan plus personnel, assez extraverties et avec un besoin d’affection important.»

Pour la psychologue, quand la relation pèse et phagocyte, la démarche à adopter est sans appel: fuir. «L’amitié se construit, prend du temps et chacun s’apprivoise. Si subitement, quelqu’un entre véritablement dans votre vie en quelques semaines seulement, a un avis sur tout, veut régir tous les domaines de votre existence, si il/elle veut ‘vous changer’, méfiez-vous. Un individu qui souhaite prendre le contrôle de votre existence a forcément quelque chose de malsain.»

Olivia, elle, a mis des mois à se remettre de l’emprise d’Isabelle, qui était en fait terriblement jalouse, dès qu’elle l’a rencontrée. «Elle en voulait à mon bonheur, elle l’a saccagé. Ce sont mes proches qui m’ont sauvée: ils m’ont ouvert les yeux, lucides sur le harcèlement dont j’étais victime et sur l’épave que j’étais devenue. J’en étais arrivée à avoir des pensées suicidaires, tant Isabelle m’avait persuadée que je ne valais rien. Je ne percevais même pas qu’elle me voulait du mal. Pas parce qu’elle ne m’aimait pas, mais parce qu’elle se détestait elle-même.» Et Liliane Charenzowski de confirmer: le manipulateur, dans une relation toxique, est un être qui souffre d’un problème profond avec son image. Il ne s’aime pas. Inoffensif en apparence, il est d’autant plus difficile à repérer, donc à neutraliser. Il avance embusqué, prudent, toujours déguisé. Dans son costume de collègue attentionné, d’ami(e) idéale, il est rusé, c’est un culpabilisateur-né. «Comme un vampire, il n’a aucun scrupule à aspirer votre bonheur, vos espoirs, votre santé physique et morale, pour se sentir mieux. Plus vous vous détruisez intérieurement pour lui, mieux il se sent», ajoute la psychologue. Aujourd’hui, Olivia va mieux et va reprendre le travail. “Maman est redevenue comme avant. Elle a anéanti son ennemi, comme sur ma playstation, sauf qu’ici, ce n’était pas un jeu», confie froidement Colin, 9 ans. La vérité sort toujours de la bouche des enfants…

4 signes pour identifier ces individus toxiques

1. Ils font le vide autour de vous.  Sorties en amoureux ou entre amis, activités en famille ou en solo: ils vous persuadent que tout ça ‘ne sert à rien’, que vous avez mieux à faire, que vous gâchez votre temps libre. Le but est de vous isoler pour mieux vous avoir à lui/elle et commencer à détruire votre bonheur: la démolition psychologique est mise en place

2. Leur credo: «C’est pour ton bien!» Phrases assassines et culpabilisantes, piques régulières, conseils permanents concernant votre travail, votre couple… ils justifient toutes leurs paroles et actions au nom du bien qu’ils vous veulent

3. Omniprésence maladive Il/Elle passe à l’improviste, vous inonde de sms, de mails, de selfies… le manipulateur prend de plus en plus de place, jusqu’à faire partie intégrante de votre vie et à envahir tout l’espace physique et psychique

4. Chantage affectif Vous ne répondez pas tout de suite à un de ses coups de fil, mail, sms, vous prenez un week-end off avec votre amoureux, pire, vous partez en vacances sans donner beaucoup de nouvelles? Il/Elle vous fait de vraies crises de jalousies, menace de ne plus jamais vous voir ou de rompre votre amitié.

3 pièges qui font plonger dans la relation toxique

1. La peur de l’abandon Même s’il/elle est très présent(e), vous avez peur du vide sidéral qu’une éventuelle mise au point engendrerait.

2. La passivité Vous pensez que cette omniprésence et son désir de contrôler toute votre vie passeront, que c’est là une étape de votre amitié, nécessaire à consolider vos liens.

3. La culpabilité Vous avez peur de lui faire mal en lui signifiant que vous souhaiteriez prendre un peu de distance.

“Ma mère est toxique”

Charlotte, 33 ans «Ma mère a fait de moi sa princesse jusqu’à l’âge de 3 ans. Quand elle a été sûre que je l’adulais, elle a brusquement changé. Depuis mon entrée à la maternelle et jusqu’à aujourd’hui, elle ponctue toutes ses phrases par ‘et alors?’. Quel que soit le degré d’importance de ce que je lui annonce, comme la réussite d’une année scolaire, le décrochage d’un CDI ou même mon projet de mariage, elle me dénigre, me méprise, me dévalorise, m’humilie, me rabaisse, me pulvérise. Elle est constamment dans un rapport de domination. Mon psychiatre m’a expliqué qu’il s’agissait d’une forme de maltraitance, ma longue thérapie m’a permis de comprendre que le problème venait d’elle, et non de moi: elle ne s’aime pas, ce désamour régit sa vie. Pour survivre, je la fuis. Cette séparation me libère.»

“Mon compagnon est toxique”

Marielle, 48 ans «Ma rencontre avec Marc était un conte de fée. Follement amoureux et aux petits soins, il a très vite souhaité qu’on s’installe ensemble. Mais après quelques semaines, il a montré un tout autre visage et n’a eu de cesse de me rabaisser du matin au soir. A ses yeux, j’étais une illustratrice bas de gamme, pas reconnue dans le milieu, mes esquisses étaient si nulles qu’il les jetait dans le feu ouvert et me conseillait d’arrêter de travailler. Tout s’est enclenché: il m’a aussi convaincue d’arrêter mes cours du soir en marketing parce que j’étais trop peu douée, il m’a fait couper les ponts avec mon amie d’enfance, qui était soi-disant jalouse de notre couple, il m’a persuadée de sacrifier mes longs cheveux, pour mieux me dire ensuite que je ne ressemblais plus à rien. Je n’avais plus aucune confiance en moi, je me suis repliée sur moi-même, sûre qu’il faisait tout ça pour mon bien et par amour… Après quatre ans à ce rythme, je n’étais plus que l’ombre de moi-même. C’est ma mère qui a tiré la sonnette d’alarme et est venue me chercher de force. Elle m’a donné la vie une seconde fois.»

Pour aller plus loin

  • Les manipulateurs sont parmi nous, Isabelle Nazare-Aga, Éditions de l’Homme.
  • La Manipulation ordinaire. Reconnaître les relations toxiques pour s’en protéger, Marie Andersen, Éd. Marabout Poche.
  • Parents toxiques. Comment échapper à leur emprise , Susan Forward, éd. Marabout Poche.

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