Le sport, c’est bon pour le moral

Le sport, c'est bon pour le moral
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L’OMS l’affirme: l’exercice physique améliore la santé mentale et les fonctions cognitives, et joue aussi un rôle dans la prise en charge de la dépression et de l’anxiété. La preuve par 5.

1. Le sport développe la confiance en soi

Selon une enquête menée en 2009 par Nike sur 10 000 femmes européennes, 73% l’affirment: le sport les rend émotionnellement plus fortes, plus confiantes en elles et plus déterminées. «Quand j’ai commencé le sport, se souvient Alexandra, 33 ans, j’étais timide, introvertie. Je ne parlais à personne à la salle de gym. Puis j’ai commencé à m’entraîner avec un coach. J’ai vu mon corps changer, j’ai reçu des compliments, j’ai fait des choses que je n’aurais jamais cru pouvoir faire. Et cela s’est répercuté dans les autres domaines de ma vie: un jour, ma cheffe m’a dit que depuis que je m’étais mise au sport, mon travail s’était amélioré! Aujourd’hui, je donne moi-même des cours collectifs!»

Explications

  • «Lorsqu’on fait régulièrement du sport, explique Philippe Godin, le corps va naturellement vers une nourriture plus saine, l’appétit se régule, on perd quelques kilos, on a plus de succès… bref, on dope son estime de soi.»
  • «En se mettant des challenges, explique Claude Tshisekedi, coach sportif et expert en sports de combat, les gens se mettent en compétition avec eux-mêmes: c’est très boostant.»
  • «Le sport permet d’apprendre à mieux se connaître, ajoute-t-il, à distinguer ses points forts et ses points faibles et à accepter sa différence. En pratiquant notamment les sports de combat, on développe une confiance interne qui se voit à l’extérieur, par exemple dans la manière de parler avec plus d’assurance.»

2. Le sport lutte contre les addictions (et notamment la cigarette)

«Avant de me mettre à faire du sport, témoigne Gaby, 33 ans, je fumais pas mal. Puis, petit à petit, il m’a semblé que la cigarette n’était plus bonne pour moi. J’ai arrêté sans m’en rendre compte. Je n’en avais simplement plus envie.» «La première cigarette après l’effort est très forte, presque désagréable, confirme Claude Tshisekedi, parce qu’on a travaillé son souffle et ouvert ses poumons. Les sportifs ont souvent besoin d’un répit d’une heure ou deux avant de refumer.» Un laps de temps bienvenu pour qui veut faire baisser sa consommation.

Explications

  • La production de dopamine lors de l’activité physique remplace allègrement celle que vous attendez de votre cigarette.
  • Le sport vous motive à arrêter la cigarette, ne serait-ce que pour pouvoir dépasser les limites imposées par votre condition physique.
  • Le sport compense l’éventuelle prise de poids liée à l’arrêt de la cigarette.

3. Le sport guérit la dépression

En 1999, une équipe a suivi, pendant seize semaines, 156 hommes et femmes dépressifs. Un groupe était soigné par antidépresseurs, un autre était invité à pratiquer une activité physique régulière d’endurance et un troisième combinait les deux. Résultats: l’état de tous les patients s’est amélioré, mais ceux qui avaient fait du sport ont été moins exposés à une rechute par la suite. Depuis, de nombreuses autres études scientifiques ont confirmé ce résultat: une activité physique régulière équivaut à des antidépresseurs ou à un accompagnement thérapeutique dans le cas de dépressions légères à modérées. Un traitement tout aussi efficace (voire plus selon certaines études), mais plus sain, plus sûr, plus économique et certainement plus agréable! Couplé à un traitement classique de la dépression, le sport augmenterait même le taux de guérison de 67 à 74%!*

Explications

  • «La raison est en partie hormonale, explique Philippe Godin, professeur en psychologie du sport à l’UCL. Si on pratique un sport convenablement, le corps sécrète des endorphines, de la dopamine et de la sérotonine, des hormones qui plongent dans un état général de bien-être.»
  • «L’aspect physique est également important: le sport accélère le flux du sang et de l’oxygène, le corps fonctionne mieux, les articulations sont mobiles, on est bien dans son corps, on se sent plus fort.»
  • «Enfin, l’activité physique augmente doucement la température du corps, une chaleur douce qui l’aide à se détendre.»

(*) Cerveau&Psycho, Guérir par le sport, mars 2017.

Témoignage

Souhaila, 34 ans «Infirmière, j’ai souffert d’un burn-out l’an dernier. C’est le sport qui m’a aidée à m’en sortir. Déjà en m’obligeant à sortir de chez moi. Puis, en m’exposant au regard des gens, bien plus que dans le cabinet d’un psy. Enfin, en forgeant mon mental: on tient 10 minutes, puis 20, puis 30… Je savais ce qui m’avait conduite au burn-out: j’étais trop gentille, je ne savais pas mettre de limites. Le sport, et plus particulièrement la boxe, m’a aidée à reprendre confiance en moi et à me positionner par rapport aux autres. Aujourd’hui, je n’ai plus l’impression de devoir prouver quoi que ce soit, je me connais mieux, je sens quand j’atteins mes limites, je sais mieux rebondir. Le sport m’a permis de devenir une meilleure version de moi-même. Pour moi, ça vaut une thérapie chez le psy!»

4. Le sport développe la mémoire et l’intelligence

Meilleur rendement cognitif, meilleure concentration, meilleure mémoire… L’exercice a aussi ses effets positifs sur le fonctionnement du cerveau. Une étude française a suivi 1 411 élèves pendant deux ans et demi, comparant leurs résultats scolaires et leur pratique sportive. Il est apparu que la moyenne scolaire était plus élevée chez les sportifs réguliers. L’Institut de technologies de Géorgie aux Etats-Unis a, quant à lui, montré une amélioration de la mémoire de l’ordre de 10 % après un exercice physique d’au moins vingt minutes (même après une seule séance!). Et cela marche aussi de manière préventive: après une étude de vingt et un ans sur des personnes âgées de 75 ans et plus, des scientifiques new-yorkais ont montré que parmi les activités quotidiennes de ces seniors (lecture, écriture, mots croisés, jeux de cartes, instruments de musique, danse, marche, tennis, natation ou golf), la danse avait l’effet le plus net sur la diminution des risques de démence (deux fois plus que les mots-croisés).

Explications

  • L’augmentation du flux sanguin lors de l’exercice physique bénéficie aussi au cerveau. Celui-ci est mieux oxygéné et permet une meilleure mémoire et une concentration plus grande.
  • Une expérience américaine a montré qu’après une activité physique quotidienne pendant deux mois, on observait un nombre plus élevé de cellules dans le cerveau.
  • Les sports d’endurance permettent à l’hippocampe, qui contrôle la mémoire et a tendance à diminuer avec l’âge, de garder le même volume.
  • «L’air de rien, affirme Claude Tshisekedi, le sport est intellectuel. Prenons un sport comme le karaté: il demande une mémoire énorme pour retenir les enchaînements. Il faut aussi réfléchir à sa tactique, ses techniques, trouver une stratégie… ça fait fonctionner le cerveau!»

Le sport de combat, le stress et l’anxiété

Vous avez une tendance naturelle au stress et/ou à l’anxiété? Là aussi, le sport peut se montrer efficace. «Quand on se dépense physiquement, constate Claude Tshisekedi, l’énergie négative disparaît. On accepte davantage les situations comme elles sont.» Et Philippe Godin d’ajouter: «Quand on fait du sport, on a un meilleur état d’équilibre, le stress nous atteint moins.»

Explications

  • Outre la sécrétion d’hormones du bien-être, dont nous avons déjà parlé, l’activité sportive entraîne également une diminution de l’activité cérébrale dans les lobes frontaux, là où naissent toutes les pensées négatives. En se concentrant sur les parties de son corps et sur ses mouvements, on en oublie ses soucis!
  • Philippe Godin a une autre explication: «Le sport est une forme de stress: les muscles se tendent, la respiration s’accélère… En apprenant, dans le sport, cette alternance tension-détente, on se connaît mieux et on peut mieux appréhender les stress du quotidien. On ne les évitera pas, bien sûr, mais face à l’un d’eux, on aura davantage le réflexe de détendre son corps et de calmer sa respiration, ce qui est déjà la moitié de l’anxiété en moins.»

Témoignage

Audrey, 26 ans «D’un naturel stressé, c’est un besoin pour moi de faire du sport. Je pratique l’équitation et la course à pied. Quand je monte à cheval, je rentre littéralement dans ma bulle et je me vide la tête. Je laisse les soucis et le stress de côté. L’équitation vaut tous les psychologues du monde, c’est mon moment de détente avec un animal sensible et compréhensif! Quand je quitte les écuries, je me sens extrêmement bien, les batteries rechargées. J’aime aussi beaucoup la course à pied, que je pratique avec mon compagnon. Lorsque je suis contrariée, je chausse mes baskets et quand je rentre, toutes mes mauvaises ondes ont été évacuées.»

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