Témoignage: “Avec le confinement, je suis devenue maman à temps-plein… et tout va bien”

Témoignage: "Avec le confinement, je suis devenue maman à temps-plein… et tout va bien"
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Alors que les Belges sont confinés depuis le 16 mars, Stéphanie, journaliste pour Femmes d’Aujourd’hui et maman de trois enfants, avait pris de l’avance: avec sa famille, cela fait plus de deux semaines qu’ils vivent cette expérience! Témoignage.

“Mercredi 25 mars: la Belgique est en confinement depuis une semaine. Nous, à la maison, ça fait 17 jours qu’on est en quarantaine, suite à une suspicion de contamination au coronavirus. Suspicion qui ne sera jamais avérée ni démentie, puisque nous n’avons pas pu passer LE test, réservé aux cas graves et hospitalisés. Si au début, cela me stressait de ne pas savoir, désormais je m’en fiche, car j’ai la quasi certitude de n’avoir contaminé personne.

Maison médicale, bonjouuur!

En réalité, ce sont les premiers jours qui ont été difficiles, lorsque le médecin nous a assignées à résidence, ma cadette (10 ans) et moi, après une ‘consultation’ par téléphone. Dès le lendemain, l’école fermait la classe de ma fille ainsi que celle de son petit frère, par précaution. C’était censé durer jusqu’au 23 mars. Entretemps, ma fille aînée et mon compagnon pouvaient sans souci continuer à aller à l’école et au travail, car ni l’un ni l’autre ne présentait de symptômes. J’étais juste très triste de ne pas pouvoir accompagner jusqu’au car qui emmènerait ma grande en classe de neige, ce fameux voyage à la montagne qui scelle la fin des primaires, juste avant que chaque enfant parte dans des directions différentes… On y a cru. Jusqu’au bout. Jusqu’à ce mercredi où on a reçu le mail tant redouté: le gouvernement déconseillant tout déplacement à l’étranger, le voyage est annulé.

Pas grave…

Certes, il ne s’agit que d’un voyage, certes, il y a bien plus grave dans la vie, Nina s’en remettra, et tous ses petits camarades aussi. C’est ce que tout le monde autour de nous a dit, pour modérer la déception. Bien sûr, les gens ont raison. Mais les gens se souviennent-ils avoir eu 11 ans, avoir décompté les jours pendant des mois, avoir préparé leur valise bien avant la date de départ, avoir bâti mille et un rêves sur ces deux fabuleuses semaines? Les adultes sont-ils capables de se mettre à la place des enfants? Pour Nina, ses copines, et les 65 élèves de l’école qui devaient partir, comme pour les centaines d’autres à travers le pays qui étaient aussi sur les starting blocks, la déception a été immense. Et nous, parents, avons dû redoubler de douceur, de compréhension et d’imagination pour atténuer le chagrin de nos petits bouts (car oui, en sixième primaire, ce sont toujours des petits bouts). ‘Promis Nina, on fera plein de choses à la place… dès qu’on sera sortis de quarantaine. Allez, plus que 10 jours!’ C’était bien mal anticiper l’itinéraire et l’agressivité du Covid-19…

Rattraper le temps

Durant cette première semaine, j’avoue que j’étais si malade et si fatiguée, que je n’ai rien fait. Enfin, rien… Des lessives, un peu (beaucoup) de rangement, lever le pied et ‘profiter’ de ce repos forcé pour passer du temps avec mes enfants. La dernière fois que c’était arrivé, c’était lors de nos vacances au Portugal, en août 2018… Mais cette fois, j’avais la vie devant moi – deux semaines en réalité, mais c’est tout comme – pour rattraper le temps perdu. Et on l’a effectivement rattrapé. Tant et si bien qu’on a fini par le distancer. Quand on a appris que même l’école de l’aînée fermait ses portes, je me suis dit, naïvement ‘Heureusement que je ne dois pas aller au bureau la semaine prochaine, je ne sais pas comment j’aurais fait sinon… Pour la suite, on avisera, je demanderai à pouvoir télétravailler un jour de plus par semaine’. Finalement, le problème ne s’est pas posé (rire jaune).

La femme à tout faire

Ça fait donc 10 jours que je suis devenue maman à temps-plein, que dis-je, à temps débordant, puisqu’il n’y a plus aucune limite. Je me suis découvert des points communs avec la pieuvre: 8 bras, 3 cœurs et 9 cerveaux, tout pareil. Je rédige mes articles avec la Pat’Patrouille en bruit de fond, je prépare les repas en slalomant entre les petites voitures, fais la lessive tous les jours, la vaisselle en prenant garde à ne pas me retrouver sur la trajectoire de mini-terreur en quad, je transforme la salle de bains en Aqualibi tous les soirs (les mioches n’ont jamais été aussi propres), je lis des contes, construis des châteaux en Lego, invente des histoires Playmobil, prépare des parcours d’obstacles, range et rerange les jouets, prends des nouvelles tous les jours de mes grands-parents, de mes amis, tente de ne pas perdre le fil des conversations WhatsApp que les délégués de chaque classe ont gentiment lancées, reste à l’affût des mails de l’école au cas où un nouvel exercice serait posté.

Ah oui, et j’allais oublier, je continue à travailler, avec la même quantité de boulot ‘qu’avant’, mais sans le plaisir de croiser mes collègues. Enfin, certaines d’entre elles, ne nous voilons pas la face. Ces mesures de distanciation physiques ont aussi leurs avantages! Mais c’est une autre histoire…

Bilan (provisoire)

Fin de semaine dernière, c’est mon compagnon qui a été prié par son employeur de s’aménager un bureau pour bosser d’arrache-pied depuis la maison. Ça tombe bien, j’avais passé 3 jours à le vider, nettoyer de fond en comble, ranger, rafraîchir… dans l’optique de m’y installer moi-même, bien entendu. Et désormais, notre univers tient entre les quatre murs de la maison, le bureau de papa première porte au bout des escaliers, le bureau de maman dans le divan, la classe de Penelope sous son lit mezzanine, celle de Nina au premier, et la plaine de jeux de Romain partout ailleurs. On se retrouve tous les soirs au resto de la salle à manger, on s’octroie quelques fois des soirées au ciné-club du salon, on fait du footing – à 2 mètres les uns des autres – dans la salle de square d’à côté, on a transformé la baignoire en salon d’esthétisme (zyva que je te fais un masque, approche que je te polisse les ongles…) et l’évier en bac de coiffeur.

On limite les achats, on les fait en vrac et au petit magasin bio du village, on est devenu potes avec ceux qui font la queue à la boulangerie (comme nous), on a enfin trouvé une utilité aux 142 cartes postales qui trainaient dans l’armoire du bureau (je les ai retrouvées en rangeant), on est en ordre dans la compta, on mange sainement et fait-maison uniquement (ça passe le temps), on se parle de tout et de rien, on crie parfois, c’est vrai, mais on se réconcilie vite, pas le choix.

Ce soir, en refermant la boîte de Time’s Up, j’ai jeté un regard attendri sur ces quatre merveilleuses personnes qui m’entourent et j’ai réalisé que je n’avais jamais pris le temps jusqu’ici de mesurer mon bonheur. Je sais que j’ai beaucoup de chance de vivre le confinement dans ma belle et grande maison, en milieu rural et tranquille, avec un jardin, des sous sur mon compte en banque, une connexion Internet performante, la télé, Netflix, Spotify, une imprimante, des feuilles… Mais confinée quand même, comme tout le monde. C’est dans l’adversité que se révèlent nos points forts, dit-on. Eh bien mon point fort à moi, c’est ma famille, celle collée à mes baskets H24 et celle au bout du fil avec qui on planifie déjà les prochaines fêtes (ça va barder!). Je suis heureuse à un point que je ne soupçonnais pas. Exténuée, oui, mais comblée.

Alors oui, ce J+17 rime encore avec ‘chouette’. J’attends la suite, confi… ante.”

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