Les nouvelles mamies

Les nouvelles mamies
Elles sont prêtes à se couper en dix pour leurs petits-enfants, pas nécessairement à se sacrifier.

Un jour Cécile, votre grande fille, débarque chez vous, puis lâche: «Tu ne sais pas ce qui m’arrive?» En fait, il arrive que votre pupuce née il y a 23 ans – c’était hier!- aura un petit bout dans neuf mois. Emotion, mascara à la dérive. «Et toi, tu seras grand-mère!», ajoute Cécile. Grand-mère! Bien sûr, vous saviez que cela arriverait. Vous l’espériez même. Mais là, si vite, alors que vous êtes cadre dans une grosse boîte où vous planchez sur un tas de projets! Vous, grand-mère, alors que pour la première fois depuis votre divorce, vous êtes à nouveau follement amoureuse!

«J’étais en pleine contradiction, explique Annie (56 ans), la maman de Cécile. J’étais émerveillée, mais en une minute, j’avais pris un coup de vieux. Je me revoyais, moi, à la maternité, avec mon bébé contre moi et mon mari, fier comme paon. Et là, c’est mon bébé qui allait avoir un bébé! J’entrais dans une autre génération. Quel choc!» Et d’évoquer les images qui ont défilé devant ses yeux. Ces mères-grand à la Petit Chaperon rouge, adorables certes, mais grises, asexuées, vouées à leur ménage, enveloppées de tabliers à fleurs. «C’était des clichés, je sais. Mais c’est plus fort que soi, on y pense», poursuit Annie qui entre-temps a craqué devant la bouille du petit Harry, «mon prince, mon héros!»

Mamy-confiture, mamy-web

D’une manière ou d’une autre, la naissance du premier enfant de son enfant est toujours un big-bang accompagné d’une foule d’interrogations, surtout pour les grands-mères. Car la vie sociale et familiale des femmes issues du baby-boom (entre 1945 et 1967) a connu plus de bouleversements ces dernières décennies que celle des hommes de la même cuvée. «Elles sont entrées sur le marché du travail. Elles ont conquis des droits, fait des études, maîtrisé la maternité», explique Marie-Thérèse Casman, sociologue de la famille à l’Université de Liège et co-auteur avec Charlotte Jamin d’un travail (voir encadré) sur la grand-parentalité. «Quand elles sont devenues grands-mères, de l’image d’une petite vieille faisant des confitures on est passé à celle d’une mamy cultivée et active. Etant donné les revendications de leurs compagnes, les hommes ont bien dû suivre et la grand-parentalité masculine a donc elle aussi évolué.»
Quoi qu’il en soit, lorsque le premier petit-enfant paraît, la mamy du troisième millénaire est interpellée par ce nouveau statut, parfois perçu comme contradictoire avec son accomplissement personnel. Et ce d’autant plus qu’à 52 ans, âge moyen d’accès des femmes à la grand-parentalité (55 ans pour les hommes), elle en affiche souvent dix de moins, fait son jogging quotidien, porte son lab-top en bandoulière et n’hésite pas à reconstruire un couple.
Mais qu’attend-on d’elle? Quel rôle peut-elle et a-t-elle envie de jouer? Celui de mamy-sitting quand la crèche n’accueille pas le petit bout d’chou grelottant de fièvre? De fée senior, organisatrice infatigable de pique-niques dans les dunes? De grand-mère matriarche qui sait mieux que tous ce qui convient à l’enfant? Ou de grand-mère distante qui se contente de tendre son enveloppe à Noël?

Découvrez la suite dans votre Femmes d’Aujourd’hui du 10 mars 2011.

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