Familles monoparentales, seules contre tout

Familles monoparentales, seules contre tout
 Elles sont de plus en plus nombreuses, et pourtant: notre société ne semble pas encore tout à fait prête à les accueillir. Enquête.

 On peut clairement parler d’un phénomène de société: en 15 ans, le nombre de familles monoparentales (constituées d’un adulte et d’au moins un enfant) a augmenté de près de 35 % en Belgique. Rien qu’en Wallonie, on estime que ce sont plus d’un quart des familles qui vivent selon ce schéma. Et toutes les classes sociales sont concernées. Un véritable changement dans la manière de définir le mot «famille», tant la notion semble désormais recouvrir une multitude de possibilités comprenant des familles normales, éclatées, recomposées et monoparentales. La monoparentalité est celle dont la société se serait bien passée. Car c’est une bouche en plus à nourrir pour les réformes ou les aides, primordiales pour accompagner ce phénomène.

Pourquoi donc les familles monoparentales constituent l’une des grandes préoccupations de notre temps?

Parce qu’un parent qui élève seul son enfant a forcément plus de raisons de s’inquiéter. Fragile sur le plan financier, restreint côté boulot et objet de méfiance sur l’échiquier socio-sentimental, il apparaît bel et
bien comme un pion faible parmi la norme. Débordé, fatigué et parfois isolé, il se retrouve aussi en première ligne sur le front de la crise: la précarité le guette bien plus que les autres. Paradoxalement, ce n’est pas parce que le phénomène se banalise qu’il se simplifie. A l’aide de deux spécialistes, nous avons mené une petite enquête en quatre thèmes…

Pas de couple, pas d’argent

C’est sans aucun doute la préoccupation majeure: sans conjoint, un seul salaire ne suffit pas. Même si les familles monoparentales ont généralement moins d’enfants que la moyenne (il est rare d’en trouver 3), elles sont confrontées à de très lourds problèmes financiers. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: près de 30 % d’entre elles sont touchées par la pauvreté. Une proportion deux fois plus forte que dans l’ensemble de la population.

La solution?

Elle peine à se dessiner, même si depuis le 1er mai 2007, les foyers monoparentaux dont le revenu se situe en-dessous d’un certain plafond (environ 2100 € brut) ont droit à un supplément d’allocations familiales. Et dans certains cas, bien sûr, le parent isolé perçoit une pension alimentaire. Mais Marie-Thérèse Casman, professeur de sociologie à l’Université de Liège, tempère: «Ces pensions ne sont pas toujours payées et, selon moi, la solution est ailleurs: il faut surtout promouvoir le travail des femmes.» Des femmes uniquement? Non, mais il faut tout de même préciser un chiffre important: 86 % des parents isolés sont des mères…

 

Retrouvez la suite de cette article dans votre Femmes du 12 mai 2011.

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