Famille: Il suffit de peu pour être heureux…

Famille: Il suffit de peu pour être heureux…
 Le temps nous échappe… Entre boulot, métro, fourneaux, on n’a plus que 58 minutes par jour à consacrer à notre tribu. A défaut de trouver le secret des secondes extensibles, reste à faire de chaque instant un moment qui compte…

 Ce 15 mai, c’était la Journée internationale de la Famille. Qu’elle soit «traditionnelle», monoparentale, recomposée, celle-ci est l’institution préférée des Européens, comme le souligne François de Singly, sociologue, dans sa Sociologie de la famille contemporaine (Armand Colin, 2010). Le monde extérieur apparaît toujours plus impitoyable. Au sein du foyer, chacun peut (espère) être respecté dans ses goûts, encouragé et aimé pour ce qu’il est. Dans une récente étude, on découvre que 81 % des Belges vivent leurs moments préférés avec leurs proches. Jusque là tout va bien.

Un constat effarant

Seulement voilà, de cette même étude, il ressort également que 70 % d’entre nous désireraient plus de temps à passer ensemble (même les plus jeunes!). 72 % auraient aimé que leurs parents soient plus disponibles lorsqu’ils étaient enfants. Frustrations et regrets pointent le bout de leur nez. La brutalité des chiffres de l’OCDE* complète le tableau: les mamans belges qui travaillent passeraient 58 minutes avec leurs enfants chaque jour. Les femmes au foyer 99 minutes et les papas… 31! Et à quoi passent ces tout petits moments? A faire de la peinture et à répondre aux questions existentielles? Raté! 60 % du temps des mamans est dévolu aux besoins élémentaires (laver, nourrir, soigner…), 13 % aux transports… et, au final, 27 % à l’éducation et au jeu. 15 minutes. Moins que la durée des pubs d’une soirée télé.

Laisser le papa prendre son rôle

Attention, nous ne sommes pas coupables de cette réalité-là. Tout le monde n’a pas les moyens, l’envie ou l’opportunité de diminuer son temps de travail. Quelques mamans réunies nous ont confié leurs façons de donner du sens au temps. Hélène habite Saint-Servais, travaille à Bruxelles et est maman de jumeaux de 6 ans. «Je pars avant qu’ils soient levés et je rentre, au mieux, à 17 h 30 (j’ai la chance d’avoir un mari enseignant). Mon heure avec eux est sacrée. Regarder la télé ne me culpabilise pas, nous sommes tous ensemble, complices. Nous nous forgeons les mêmes références, je câline Thomas sur mes genoux et je commente le film avec Nathan, pelotonné à côté… J’ai appris à déléguer. L’important pour les petits, c’est qu’un de leurs parents soit présent à la réunion de parents, ça ne doit pas obligatoirement être la « maman ».»

Gérer frères et sœurs…

Du temps de qualité veut dire aussi des relations individuelles avec chaque enfant… Suzanne, dite Moeky, sept enfants, une ribambelle de petits-enfants et même des arrière-petits-enfants, nous donne son secret: «Le plus important, c’est le dialogue. Même si on a autre chose à faire qu’écouter l’histoire d’une gomme volée en maternelle. C’est à la fois simple et très compliqué. J’ai tiré profit de chaque instant: par exemple, l’impressionnante vaisselle du soir (pas de lave-vaisselle à l’époque!). A tour de rôle, l’un d’entre eux était mon assistant. Nous étions seuls dans la cuisine et nous échangions des secrets. Bien sûr, on peut ne pas être disponible et dire « Si tu veux bien, on en parlera plus tard »… mais alors il faut absolument revenir vers l’enfant!»

 

Retrouvez la suite de cet article dans votre Femmes du 19 mai 2011.

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