Enfants difficile, on réagit!

Enfants difficile, on réagit!
 Il a à peine 3 ans, et vous avez déjà l’impression d’avoir raté un épisode. D’où sort-il, cet enfant bruyant, agressif, agité, désobéissant, toujours en opposition? Avant de baisser les bras, essayez de décoder.

 «Rappelons d’abord qu’un certain degré d’agitation ou d’agressivité est normal chez le jeune enfant», souligne Isabelle Roskam, professeur en psychologie du développement à l’UCL et responsable du programme de recherche ‘H2M Children’ (Hard-to-Manage Children). «Les tout-petits se bousculent, se pincent, s’arrachent leurs jouets… Mais quand, tant à la crèche ou à l’école qu’à la maison, l’enfant se révèle incapable de répondre aux exigences, il doit être aidé…»

Limiter la casse

Autrement dit, il faut consulter sans tarder. Car, même si aucun diagnostic ne peut être posé avant l’âge de 7 ans, la période de 3 à 7 ans, où la plasticité du cerveau est maximale, peut être exploitée, selon l’expression d’Isabelle Roskam, «pour limiter la casse». «Souvent, les problèmes de comportement de l’enfant s’expliquent par un simple problème d’accordage entre ses caractéristiques et le milieu dans lequel il évolue. Une mère inconsistante, par exemple, qui dit blanc un jour et noir le lendemain, ou un enseignant trop strict.» Si on ne fait rien, la situation ne peut que s’aggraver. D’autant qu’il existe un phénomène appelé «cascade développementale». Parce qu’il est immature et impulsif, le jeune enfant est étiqueté, dès la maternelle, comme l’enfant insupportable de la classe. Bientôt, plus personne ne l’invite aux anniversaires, parce que les parents des autres enfants ne tiennent pas à en prendre la responsabilité. Il subit une véritable exclusion sociale, à laquelle il réagit en se faisant encore plus remarquer, histoire de prouver qu’il est bien là… Si on était intervenu à 3 ans, on aurait évité la tache d’huile!

Mauvais parents?

Bien que physiquement et psychologiquement à bout, beaucoup de parents craignent de s’adresser à un spécialiste, par crainte d’être (mal) jugés. «Accablés de critiques par leur entourage, ils se vivent comme de mauvais parents, remarque Isabelle Roskam. Notre première tâche est de les rassurer: s’ils ne s’en sortent pas, c’est parce que leur enfant nécessite des compétences parentales que personne ne possède naturellement, mais qu’ils peuvent acquérir.» Grâce à des outils fiables – questionnaires, protocoles d’observation, etc. – les spécialistes s’efforcent de se faire une idée objective des problèmes de comportement de l’enfant.

D’où vient le problème?

«Nous avons réussi à déterminer quatre facteurs à l’origine de ces problèmes, explique Isabelle Roskam. Tout d’abord, l’enfant peut présenter un développement insuffisant du langage. De ce fait, il a du mal à se faire comprendre et à exprimer ses désirs, mais aussi, même s’il est de bonne volonté, à comprendre les consignes. Ce qui finit par susciter chez lui une forme d’agressivité.»
Deuxième facteur: l’incapacité d’inhibition. «L’inhibition est le contraire de l’impulsivité. Elle est gérée par la zone frontale du cerveau, qui se développe entre 2 et 7 ans. Aussi longtemps que cette zone n’est pas arrivée à maturité, l’enfant est incapable de s’empêcher de courir, par exemple, même si on lui dit de ne pas le faire.» Troisième facteur, les problèmes d’ordre éducatif: les parents ne parviennent pas à fixer des limites claires à l’enfant ou à se mettre d’accord sur le cadre à lui imposer. Quatrième facteur, enfin, les problèmes affectifs. Les enfants qui ont connu une rupture de lien – même provisoire, par exemple une hospitalisation – avec leur mère ou une autre personne sécurisante pendant les premières années de leur vie et souffrent par conséquent de troubles de l’attachement sont particulièrement bien représentés dans cette catégorie. «Ce sont des enfants très anxieux, qui interrompent leurs parents quand ils sont au téléphone, refusent d’aller au lit, et cherchent constamment à se faire remarquer tant ils ont peur qu’on les oublie…»

 

Retrouvez la suite de cet article dans votre Femmes du 26 mai 2011.

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