Enfant unique, enfant gâté?

Enfant unique, enfant gâté?
Egoïstes, pourris gâtés et solitaires, les enfants uniques? Les études démentent cette mauvaise réputation. Ça tombe bien, parce qu’ils sont de plus en plus nombreux.

«Tu peux me ramener qui tu veux comme gendre, peu importent l’âge, l’origine… Mais, surtout, pas un enfant unique», disait parfois sa mère à l’auteur de ces lignes. C’est dire si les idées reçues les concernant sont ancrées dans l’imaginaire. Égocentriques, incapables de partager et d’être attentifs aux autres, ils passent quasiment pour des handicapés sociaux.

Tout ça à cause d’un statut qu’ils n’ont pas choisi. Si cette réputation est vraie, il y a franchement de quoi s’inquiéter, parce que près d’une famille belge sur quatre (23 %) ne compte qu’un enfant. Et il est possible que la crise ait ralenti, voire gelé, certains projets de maternité. On sait, par exemple, qu’aux Etats-unis, le nombre d’enfants uniques a explosé juste après la crise de 1929. Sans parler du travail des femmes, du nombre de divorces et de l’âge, plus tardif, de la première grossesse, qui contribuent à cette tendance «enfant solo». Il est donc urgent de se demander si les tares qu’on leur attribue sont avérées. Et comment les élever pour en faire, malgré les pièges et les clichés, des gens heureux.

Des stéréotypes qui remontent loin!

A l’époque où les femmes n’avaient pas accès à la contraception, n’avoir qu’un enfant était mal vu. Cela passait pour un symptôme de problèmes de couple ou, pire, de pratiques sexuelles non-reproductives, donc «sales». C’était aussi vécu comme une malédiction, les parents ne pouvant compter que sur un enfant pour s’occuper d’eux plus tard. Mais celui qui a le plus nui à l’image des enfants uniques est sans doute G. Stanley Hall, psychologue américain. A la fin du 19e siècle, il écrit notamment qu’«être enfant unique est une maladie en soi».

En Europe, face au besoin de repeuplement qui suit les deux guerres, on affirme qu’il est meilleur pour les enfants d’avoir une fratrie. Même Françoise Dolto, mère de la psychanalyse des petits, déclare que «l’enfant unique est malheureux en général». Leur réputation est encore aggravée par des anti-héros de la pop culture. Cela va du film La mauvaise graine (1956) où une fillette unique cache bien sa face meurtrière, jusqu’à Psychose d’Hitchcock (1960) où sa relation avec sa mère fait sombrer Norman Bates dans la folie.

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