L’amour, ça vient d’où?

L'amour, ça vient d'où?
Rien de plus naturel que de tomber amoureux, mais rien de plus complexe également, car derrière un «je t’aime» se cache un cocktail de phénomènes cérébraux, psychologiques, culturels… Décryptage.

Un feu d’artifice cérébral!

Ce n’est pas un cœur qu’on devrait représenter sur les cartes de Saint-Valentin, mais un cerveau! Car l’amour, c’est avant tout une histoire de cerveau. Croisez quelqu’un qui vous plaît et c’est le feu d’artifice cérébral assuré! Celui-ci se déclenche automatiquement, presque comme un réflexe. Une IRM à cet instant précis montrerait que pas moins de 12 régions du cerveau sont activées. Pas uniquement celles liées à l’affectivité, également celles de l’intellect, des représentations mentales, de l’image du corps… En même temps, un cocktail d’hormones est produit: lulibérine et testostérone (désir sexuel) + dopamine (euphorie et motivation) + endorphines (bien-être) + ocytocine (attachement). On se sent sur un nuage, pleine d’énergie, on a moins faim, on a moins besoin de sommeil… Parallèlement, certaines zones cérébrales s’éteignent: celles de la perception et de l’analyse d’autrui notamment. Résultat: on trouve notre nouveau chéri tout à fait parfait.
Ces sensations sont tellement agréables qu’on a besoin de passer de plus en plus de temps avec celui qui les provoque afin de remplir un manque (c’est le même circuit que les drogues!). Pendant un certain temps. Car cet état de surrégime ne peut durer éternellement: la passion tout feu tout flamme finit par s’apaiser naturellement (entre 18 mois et 3 ans) et est remplacée par l’attachement.

En mon âme et conscience

L’amour, c’est d’abord une émotion qui nous submerge, un cocktail qui nous envoûte. Mais cela ne suffit pas! Pour qu’il devienne un sentiment, il faut à un moment mettre des mots sur ce qui nous arrive, donner un sens à ces sensations par le prisme de notre intellect: est-ce que, d’après ma définition, mes expériences, ce que j’en ai vu dans les médias, il s’agit bien d’amour? Si oui, je décide que je suis amoureuse. Ou pas. Si ma raison me dit que cette relation ne peut avoir lieu, je peux très bien y mettre un terme, parlementer avec moi-même jusqu’à ce que mon taux d’hormones redescende. Vous vous dites: «C’était plus fort que moi»? En êtes-vous sûre? N’avez-vous pas eu, à un moment même infime, le choix de plonger ou pas? Il est très probable que si.

Si tu m’aimes, je t’aime

Ce qui crée l’amour, c’est aussi de voir le désir dans les yeux de notre partenaire. Les psychologues et biologistes parlent de «contagion émotionnelle», rendue possible par les «neurones miroirs». Des expériences ont montré que si vous observez votre voisin en train de faire sa lessive ou de danser la rumba, s’activent dans votre cerveau les mêmes neurones que si vous le faisiez vous-même. Un phénomène bien utile pour imiter l’autre, mais aussi pour se mettre dans sa peau et comprendre ses intentions, bref pour se montrer empathique. Pour certains psychologues, la capacité d’empathie et l’attente de l’empathie de l’autre (sorte de va-et-vient entre le désir de l’un et celui de l’autre) seraient les principaux éléments fondateurs de l’amour. Sauf qu’on ne tombe pas forcément amoureux de gens qui nous aiment aussi.

Papa, maman et ma carte de l’amour

Nos relations amoureuses ne seraient qu’un ersatz de ce que nous avons connu avec nos parents. A l’adolescence, lorsque la relation avec eux devient moins fusionnelle, apparaît le désir de retrouver une relation aussi intense: c’est la relation amoureuse. «Le fait d’aimer quelqu’un est en relation beaucoup plus étroite avec notre famille et notre éducation qu’avec des critères biologiques de beauté», explique Richard David Precht dans son livre Amour. Déconstruction d’un sentiment. Durant notre enfance, on va petit à petit constituer notre carte de l’amour, en parallèle avec ce que l’on vit: quel genre d’homme va nous attirer (pudique, gentil, plein d’humour…), ce que nous allons attendre de lui, comment nous allons l’aimer… On ne sera pas attirées par le même genre d’hommes selon qu’on a évolué dans une famille où l’on sautait dans les bras l’un de l’autre à longueur de temps ou au contraire où l’on finissait immanquablement les conversations par des claquements de portes. Et même si vous en avez souffert, le risque est grand de revivre la même chose. Comme si la confirmation de ce que vous connaissez était plus importante que le bonheur.

Retrouvez la suite de cet article dans votre Femmes d’Aujourd’hui du 11 août 2011.

 

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