Pourquoi les photos de profil « noires » envahissent les réseaux sociaux?

Pourquoi les photos de profil "noires" envahissent les réseaux sociaux?
© Canva

Vous l’avez peut-être remarqué, depuis ce matin, des fonds noirs en guise de photo de profil apparaissent sur Facebook! On vous explique de quoi il s’agit.

Ces photos noires sont le résultat d’un mouvement voulant lutter contre la violence faite aux femmes, très présente durant cette période de confinement.

Un monde sans femmes

Le message suivant a circulé le 14 avril sur les réseaux sociaux: « Demain, black-out féminin sur les réseaux sociaux, de 8h à 21h. C’est un mouvement contre les violences faites aux femmes. Votre photo de profil devra disparaître et être remplacée par un carré noir. Ainsi, nous pourrons avoir une vue de ce que pourrait être le monde sans femmes. Est-ce que les hommes comprendront? Merci de partager uniquement aux femmes et de faire passer ce mot aujourd’hui ».

Augmentation des violences de 70% en Flandre

Impossible de le nier, les violences conjugales envers les femmes ont augmenté depuis la mi-mars. Le nombre d’appels de la ligne d’écoute « violences conjugales » a doublé ces dernières semaines, nous apprennent nos confrères de la RTBF. Les équipes présentent pour gérer ces lignes d’écoute ont d’ailleurs été doublé. En Flandre, la ligne 1712 enregistre une augmentation de 70% d’appels entre la première et la quatrième semaine de confinement. Des chiffres qui montrent l’ampleur de cette triste situation.

Hafida Bachir, la secrétaire politique de Vie Féminine, était sur antenne, dans l’émission CQFD (Ce Qui Fait Débat) sur La Première (RTBF) mardi 7 avril. Elle expliquait que le confinement pouvait amener des violences conjugales qui n’existaient pas auparavant, ou du moins pas sous forme physique. « Des violences économiques ou psychologiques peuvent se transformer en violences physiques à cette occasion. Ça a donc malheureusement précipité les craintes que nous avions. (…) En Italie, il y a eu plusieurs meurtres de femmes, des féminicides. C’est pour ça qu’il faut protéger les femmes particulièrement en cette période ».

Mais que fait le gouvernement fédéral?

La secrétaire politique de Vie Féminine souhaite que le gouvernement passe la vitesse supérieure. « De l’excellent travail avait déjà été fait par cette task force (l’organisation fédérale temporaire, mise en place pour le coronavirus), des campagnes de sensibilisation ont été lancées, des places d’accueil ont été ouvertes. Mais c’est insuffisant. À présent, le fédéral doit s’engager. Dans les mesures annoncées au niveau national, on ne trouve que de la sensibilisation. Ce n’est pas ce que nous attendons, nous voulons des mesures beaucoup plus concrètes de la part du fédéral. Nous demandons des engagements du ministre de l’Intérieur responsable de la police et le ministre de la Justice ».

Et la police?

Comme le rappelle Hafida Bachir, pour ce qui est de la police, cela dépend de la bonne volonté de chaque zone. Pour la partie Bruxelles-Nord, des policiers ont pris contact par téléphone avec les personnes qui ont déjà porté plainte pour violence conjugale durant les trois derniers mois, mais ce n’est pas le cas partout. La faute à un manque de moyens. « Aujourd’hui, les policiers doivent faire toute une série de contrôles et n’ont pas les moyens de retourner voir des femmes victimes de violence, d’être à l’écoute des voisins, d’aller voir là où il n’y a pas encore eu de violence… ».

Bien que de nombreuses initiatives ont été mises en place en début de confinement, la situation est toujours semblable. « L’augmentation des violences en confinement se greffe sur une situation qui était déjà problématique. Les centres d’accueil de femmes victimes, par exemple, étaient déjà saturés avant le confinement. Il faudrait consacrer 2% du PIB aux violences contre les femmes, on en est loin. Le fédéral doit dégager des moyens. On ne sait même pas combien le gouvernement consacre à cette politique ».

Pour info: la ligne téléphonique « Écoute Violences Conjugales » (0800/30.030). Retrouvez également les lignes d’écoute pour chaque province dans cet article.

Ces trois articles parlent également de violences conjugales

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