Le harcèlement sexuel touche toutes les femmes et à tous les niveaux

Le harcèlement sexuel touche toutes les femmes et à tous les niveaux
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Le harcèlement sexuel touche toutes les femmes sur leur lieu de travail mais particulièrement celles qui sont managers. Elles peuvent se sentir davantage en danger, ce qui les pousse à ne pas à poursuivre leurs ambitions dans des postes à responsabilités. 

Ces conclusions sortent d’une étude menée par des chercheurs suédois qui s’appuient sur des recherches déjà menées aux États-Unis, en Suède et au Japon. Peu importe l’endroit, le résultat est le même: le harcèlement sexuel au travail touche particulièrement les femmes qui occupent des hauts postes.

Le harcèlement a toujours existé

En 50 ans, les choses ont bien changé. La première étude du genre sortait en 1970 et montrait que les femmes harcelées étaient souvent des secrétaires ou assistantes d’hommes ayant du « pouvoir ». En résumé, les hommes ayant des responsabilités s’attaquaient aux femmes n’ayant pas de « pouvoir ». Aujourd’hui, les femmes n’endossent plus automatiquement les postes les plus modestes et administratifs. Elles sont aujourd’hui présentes dans des postes de direction. On aurait alors pu penser que le harcèlement sexuel sur le lieu de travail allait petit à petit disparaître… Que du contraire.

Plus de responsabilités, plus de harcèlement

Les sociologues Heather McLaughlin, Christopher Uggen et Amy Blackstone ont réalisé une étude au départ de 300 femmes américaines ayant la trentaine. Les chercheurs ont pu montrer que le harcèlement était plus important pour les femmes disposant d’un poste de supervision à ce stade de leur carrière. Cela va même plus loin lorsqu’elles se plaignent de cette situation. Elles ne sont généralement pas à l’abri de représailles tant au niveau professionnel que social. Grâce à d’autres études, les chercheurs suédois ont également mis la lumière sur le fait que plus une femme gravissait les échelons, plus elle était susceptible d’être victime de harcèlement. Les conclusions sont les mêmes pour des centaines d’autres études sur le sujet. « Le harcèlement sexuel nuit, entre autres, au bien-être psychologique, à la productivité au travail et au sentiment d’appartenance de la victime », précise l’étude.

Cette situation empêche les femmes d’évoluer

Ce harcèlement sexuel a comme conséquence un désintérêt des femmes pour les promotions ou les postes à responsabilité, alors qu’elles ont naturellement de meilleures qualités que les hommes pour diriger une équipe, comme on vous l’expliquait par ici. Cela creuse un peu plus les différences en termes de responsabilités, salaire, et évolution se creusent donc avec les hommes.

Un chiffre marquant

Pour mener leur enquête, publiée dans Dædalus, les scientifiques ont analysé des centaines de documents sur le sujet et ont sorti un chiffre interpellant. Dans les trois pays, Japon, Suède et États-Unis, les femmes qui supervisent majoritairement des hommes sont 30% plus confrontées à du harcèlement sexuel que lorsque les subordonnées sont des femmes.

Quelques explications (qui ne convainquent pas)

Les chercheurs ont mis en avant ce qui ressortait de leur enquête concernant le « pourquoi » les femmes ayant des postes à responsabilités subissent davantage de harcèlement. Évidemment, ce sont des faits, et non des actes que les scientifiques cautionnent.

Plus il y a d’hommes, plus il y a de harcèlement

Plus il y a d’hommes sous la coupe d’une femme, plus la probabilité de harcèlement est grande. Au Japon, il ressort que les femmes cadres sont victimes de jalousie de la part des hommes. Dans des entreprises dites « masculines » (technologie, construction, finance), les femmes cadres peuvent être considérées comme une menace pour l’identité masculine… « Le harcèlement sexuel peut même devenir un moyen d’acquérir ou d’égaliser le pouvoir avec ces femmes ».

Plus les femmes sont jeunes, plus elles sont harcelées

L’âge a aussi une incidence sur le harcèlement. « La comparaison des superviseurs et des non-superviseurs du même âge montre un écart plus important parce que les femmes plus jeunes sont plus susceptibles d’être la cible de harcèlement et, en même temps, moins susceptibles d’être des superviseurs ».

Les femmes cadres définissent mieux le harcèlement

Il ressort que les femmes superviseurs sont plus conscientes qu’elles sont victimes de harcèlement sexuel. Et ce, grâce à leur éducation et leur statut. « Elles sont elles-mêmes responsables des politiques sur le lieu de travail pour éradiquer le harcèlement ». Différentes enquêtes montrent que les femmes managers détectent plus facilement le harcèlement que les employées.

Être une femme avant d’être manager

L’une des grandes difficultés pour les femmes est de s’imposer en tant que manager. « Elles sont d’abord considérées comme des femmes et sont managers en second lieu ». Elles sont donc plus vite sujettes à du harcèlement sur leur lieu de travail que les hommes.

Le chemin est encore long

« Notre analyse renforce la perspicacité des recherches précédentes selon lesquelles le harcèlement sexuel est un obstacle sérieux à une plus grande égalité des sexes sur un lieu de travail. (…) Il est essentiel que nous comprenions l’étendue du problème de harcèlement sexuel qui dissuade les femmes de chercher des postes de direction », concluent les chercheurs.

De manière générale, les causes de ce harcèlement sont souvent dues à la place que donnent les hommes aux femmes dans notre société. Trop régulièrement, ils ne considèrent pas les femmes comme leur égale… Et c’est bien malheureux! Nous sommes en 2020, faut-il le rappeler? Encore trop peu de femmes portent plainte pour harcèlement sexuel sur leur lieu de travail, de peur de perdre ce qu’elles ont déjà gravi.

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