La loi dépénalisant partiellement l’avortement a 25 ans ce 3 avril

La loi dépénalisant partiellement l'avortement a 25 ans ce 3 avril
C'est le 3 avril 1990 que la loi loi Lallemand-Michielsen dépénalisant l'avortement était votée, après 20 ans de discussion. C'est alors que le roi Baudouin s'était mis en indisponibilité. Une étape importante dans l'histoire des femmes. Un peu d'histoire pour vous raffraîchir la mémoire?

 

La question ne se pose pas ici d'être pour ou contre l'avortement. Mais, en tant que magazine féminin,  à l'heure ou l'avortement est remis en cause dans certains pays, on ne peut que rappeler que l'avortement a été un facteur de libération des femmes en situations de détresse,  qu'une maternité non désirée n'est pas souhaitable et que c'est une décision qui se prend très rarement à la légère et sans souffrance.

Voici un rappel, avec le Groupe d'Action des centres extra hospitaliers pratiquant l'avortement, de toute la saga de luttes féministes, humanistes et progressistes qui ont abouti au vote en avril 1990 de la loi de dépénalisation partielle dite loi Lallemand-Michielsen.

1971

Première déposition d’une loi de dépénalisation (loi Callewaert).

1973 : Affaire Peers

Cette année-là, le docteur Willy Peers, gynécologue, est emprisonné pour avoir pratiqué des IVG. Il sera le dernier médecin en Belgique à subir une telle peine. Son emprisonnement entraîne une mobilisation, des manifestations et une large réprobation, y-compris dans les rangs des chrétiens progressistes (voir l’engagement du chanoine de Locht au côté du docteur Peers).

La trêve judiciaire

Il s’ensuit une trêve judiciaire, à la demande des politiques et pour permettre la sérénité des débats : le monde judiciaire accepte de ne plus poursuivre les praticiens de l’IVG.

A partir de 1975

Loi avortement

Début de la pratique des avortements dans les centres de planning familiaux francophones. Du côté néerlandophone, ouverture des centres d’avortement (abortus centra ) sur le modèle des centres hollandais et en dehors des centres de planning familiaux. Les médecins praticiens de l’avortement en centres extra hospitaliers sont des généralistes formés par l’équipe des gynécologues du professeur Hubinont de l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles. Plusieurs gynécologues hospitaliers soutiendront cette pratique. Il faut rendre hommage aux docteurs W. Peers, J. Boute, M. Franck, J.-J. Amy, M. Vekemans, P.-O. Hubinont et bien d’autres.

Malgré le dépôt de plusieurs autres propositions de loi, le monde politique n’arrive pas à un accord et le monde judiciaire décide de rompre la trêve. Les poursuites reprennent: descentes de police, saisies de dossiers, inculpations de médecins et procès un peu partout en Belgique, avec des sanctions variables. Condamnation, acquittement ou non-lieu pour les mêmes faits; c’est la cacophonie judiciaire.

1979  Création du GACEHPA

Les centres extra hospitaliers, plus petits, dispersés, plus vulnérables se regroupent en un groupe d’action, au départ pour soutenir les inculpés et assurer la solidarité inter-centres. 

1983 Procès

Procès collectif de plusieurs médecins, dont le professeur Hubinont, et une psychologue à Bruxelles

1986 Dépôt de la loi

Dépôt de la loi Lallemand-Michielsen.

1990 : Vote de la loi Lallemand-Michielsen.

Il aura encore fallu attendre 4 années et plusieurs gouvernements pour que soit votée cette loi qui entraînera la «démission» du roi Baudouin. Le souverain, très catholique, refuse d’apposer sa signature au bas de cette loi, ce qui entraîne un imbroglio constitutionnel unique dans l’histoire de la Belgique. De 1971 à 1990: il a fallu 19 ans pour que la loi soit votée !

manifestation avortement à Paris

2000  Arrivée d'une autre méthode

Début des avortements par la méthode médicamenteuse

2003  Convention INAMI

Etablissement d’une convention entre l’INAMI et les centres extra hospitaliers qui prévoit le paiement direct de l’IVG par les mutuelles aux centres extra hospitaliers.

 

Comment ça se passe?

  • En principe, vous prenez un rendez-vous pour un entretien avec une accueillante dans un centre de planning familial pour poser toutes les questions et faire part de ses craintes et attentes.
  • Ensuite, vous avez 7 jours de réflexion avant un deuxième rendez-vous au cours duquel l'interruption de grossesse sera pratiquée.
  • 15 jours après l'intervention, il faut se représenter pour une visite de contrôle
  • Il existe aujourd'hui deux méthodes pour interrompte une grossesse: la méthode médicamenteuse (de 1 à 7 semaines de grossesse) et la méthode par aspiration (de 1 à 12 semaines de grossesse), qui nécessite l'intervention d'un médecin.
  • Si vous êtes en règle de mutuelle, le centre prend en charge la majeure partie de l'intervention.

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Attendez le prochain article de Femmes d’Aujourd’hui, il en vaut vraiment la peine :)