4 mois de prison ferme pour une main aux fesses! Pourquoi c’est justifié

4 mois de prison ferme pour une main aux fesses! Pourquoi c'est justifié
Reporters

On décode avec Safia Kessas, journaliste et responsable de la cellule diversité à la RTBF. Mais d’abord on récapitule l’affaire: le tribunal de Strasbourg a en effet condamné un homme à 4 mois de prison ferme et 500 € d’amende pour du harcèlement en rue.

safia kessas, RTBF, La Première

« C’est important qu’il y ait eu une peine! »

Des internautes ont réagi, trouvant la sanction disproportionnée. « Il est important qu’il y ait eu une peine », affirme Safia Kessas. « Je ne suis pas sûre de l’utilité des quatre mois, mais ce qui compte, c’est que l’on sort de la banalisation. On ne dit plus que ce n’est pas grave! L’agresseur, d’ailleurs, n’a jamais reconnu avoir mal agi. Il ne s’est pas remis en question. Il a persisté à dire que c’était « pour rigoler ». C’est ce qui l’a enfoncé lors du procès. » Le geste semble anodin, bon enfant? Il est violent. Parce que c’est une agression et, aussi, parce qu’il ne respecte pas le refus de la personne. Lorsque la société le condamne, elle montre que ce n’est pas permis, que ce n’est pas drôle, que ce n’est pas tolérable.

Je suis témoin, j’interviens!

« L’histoire a valeur d’exemple. En effet cette fille était seule. Elle a essayé de faire comprendre à l’homme que son geste était inadéquat. Il l’a ignorée. Ça, c’est une violence supplémentaire. Ensuite, ce qui a tout changé, c’est l’intervention d’un témoin. Quelqu’un a eu un réflexe citoyen, a été chercher la police… Et c’est ce qui a tout déclenché. Le harcèlement de rue, ça n’est pas que le problème des femmes! Ça concerne la société entière! »

En Belgique, 98 % des femmes ont été victimes de harcèlement de rue durant leur vie.

Le réflexe de porter plainte

Safia Kessas a vécu une situation similaire: « J’étais dans un bar. J’ai vu des gens mal se comporter avec la serveuse. Je suis intervenue. Ils ont mal réagi et m’ont insultée. J’ai pris la salle à partie, en le signalant, bien fort. Ils ne savaient plus où se mettre. Mon regret est de ne pas avoir porté plainte… Mais j’étais trop choquée, sous adrénaline. » Prendre la foule à parti, oui, c’est une solution. Il suffit souvent qu’une personne intervienne pour initier une réaction générale. Et, en Belgique, un loi existe contre le harcèlement de rue. « Mais elle est mal connue, même des services de police. »

Comment faire évoluer les choses?

« C’est un problème d’éducation » explique Safia Kessas. « C’est sur la société qu’il faut travailler. Dans les écoles, dans les médias… On doit travailler sur les stéréotypes, sur l’image de la femme, sur les biais inconscients. Il y en a partout, dans la publicité, dans certaines tournures de phrases. Ce n’est pas du politiquement correct! Si je dis qu’on ne peut pas présenter une femme comme une « maman de 2 enfants » parce que c’est la réduire à ce rôle… Je n’exagère pas! Si l’on y réfléchit… Tout le monde comprend qu’il y a un  problème à oublier les compétences de quelqu’un pour la présenter uniquement comme une mère de famille…  On ne ferait jamais ça pour un homme! Et je ne voudrais pas que ma fille, plus tard, évolue dans un monde comme celui-là. »

Pour en savoir plus

Revoyez la chronique de Safia Kessas sur La Première, ce 5 septembre.

Sur le site de Touche pas à ma pote, voyez le trajet d’une femme en ville.

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