Comment gérer leurs
interpellations embarrassantes? Comment savoir ce qu'ils sont
prêts à entendre? Est-il parfois préférable de leur
mentir ou
d'éluder? Réponses en questions.
"Pourquoi il est noir le monsieur?", "Pourquoi elle louche la petite fille?", "Grand-mamy, toi qui est vieille, tu vas bientôt mourir?"... Quel parent ne s'est jamais senti désarçonné par les remarques de sa progéniture? Touché par sa vivacité d'esprit et sa soif d'apprendre, mais aussi honteux de son absence de tact et mortifié par la complexité de l'explication à fournir. Par où commencer? Jusqu'où détailler? Et si ça le traumatise? Et si on faisait semblant de ne pas avoir entendu? STOP!
Avant de songer à formuler votre réponse, commencez par vous féliciter de sa question.
"La curiosité, l'envie de décrypter le monde, c'est une pulsion positive, relève la psychologue Lotta De Coster, professeur au service de psychologie du développement et de la famille à l'ULB. C'est un moteur d'apprentissage pour l'enfant, une manière de stimuler son savoir. On remarque aussi que ces questions 'compliquées', les enfants les réservent aux personnes avec lesquelles ils partagent une relation intime. Et souvent, d'ailleurs, ils les distillent dans des moments de complicité.
A l'instar des adultes qui surfent sur des forums, les kids préfèrent les commentaires humanisés aux réponses encyclopédiques.
Ils ne cherchent pas seulement à savoir, ils apprécient surtout l'échange avec leurs proches. Autrement dit, si le fiston multiplie les questions qui tuent, c'est plutôt une bonne nouvelle. Pourquoi vous sentez-vous aussi embarrassée dès lors?
"Souvent les questions des petits nous déconcertent parce que nous craignions de les confronter à une réalité choquante, triste.
Marie-Paule Durieux, pédopsychiatre à l'hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola commente: "On aimerait tant les protéger de tout ce qui est désagréable. Mais la vie l'est parfois et vous armerez davantage votre enfant pour l'avenir en l'aidant à composer avec les aspects négatifs de l'existence qu'en lui taisant ce qui est douloureux. Apprendre à son enfant à mettre des mots sur ce qui est difficile, réfléchir ensemble à comment mieux vivre mieux avec, c'est un cadeau qu'on lui fait."
Retrouvez la suite de cet article dans votre Femmes d'Aujourd'hui du 23 février 2012.
15 mars 2012