Interview de Jean-Claude Van Damme

JCVD en vrai! Jean-Claude Van Damme, ce n'est pas que du muscle! La preuve avec «»JCVD. Un nouveau film où le Belge joue, avec beaucoup d'autodérision, son propre rôle.

L'acteur belge le plus célèbre d'Hollywood est de retour avec JCVD, un film qui signe un vrai virage dans sa carrière. Jean-Claude Van Damme et son parcours chaotique fait d'abus de drogue, de sexe et d'alcool a fini par se griller le cerveau à trop y croire. Devenu culte par ses éternels tics de langage, l'acteur se dévoile et expose ses fêlures dans JCVD. Un nouveau Van Damme: à taille humaine, sensible et touchant. Ces dernières années, ce sont surtout ses grandes envolées philosophiques qui ont forgé son image. Une image que Van Damme, de son vrai nom Van Varenbergh, désire changer. Le long métrage de Mabrouk El Mechri confronte l'acteur de film d'action à son image et ses clichés «aware». Le film le montre sous un autre jour et semble l'avoir métamorphosé... Mais en interview, le naturel revient au galop et notre JCVD national se laisse aller à quelques «Vandammeries». Il est toujours le même et c'est pour cela qu'on l'aime!

  • Qu'est-ce qui vous a donné envie de participer à ce projet, plutôt inhabituel dans votre filmographie?
    Dans un sens, pour me remettre en question. C'est-à-dire qu'on a pris un morceau de ma vie négative où je reviens des Etats-Unis en Belgique et où je lâche tout dans un dialogue de sept minutes avec le public. Le film est donc très réel dès le début et j'ai dû faire revenir beaucoup de souvenirs du passé qui m'ont fait mal...

  • Vous en aviez marre qu'on vous propose des films d'action...
    Quand tu as 47 ans et qu'on te demande encore de mettre des coups de pied dans la gueule des gens, franchement, ça lasse. Ce qui est étonnant, c'est qu'à mon âge, je suis encore capable de le faire. Il aurait fallu des raisons valables au fait que je donne des coups de pied et, qu'à la limite, j'en mette un et pas trente! Tout était dans l'exagération. Totale. Mais je l'assume, j'ai bien voulu me prêter à cela. Quant je suis arrivé en Amérique, mes muscles étaient un peu mon seul passeport.

  • Il vous est arrivé de péter les plombs?
    C'est impossible autrement. Les tours du monde pour la promo, les avions, les limousines qui viennent te chercher sur le tarmac, les hôtels, le room service, les journalistes... Je n'en pouvais plus de tout ca. J'en ai fait trop. T'es jamais chez toi, tu n'as plus de contact avec la société. Ça lasse, ça passe et puis ca trépasse.

  • JCVD serait une sorte de rédemption?
    Depuis des années, j'ai l'impression de raconter la même chose. J'avais envie d'un peu m'expliquer avec les gens qui ont tellement ri des mes interviews. C'est une sorte de thérapie. Après avoir vu le film, je me suis senti nu tout d'un coup. Il est puissant pour moi et j'ai même chialé... Mais j'essaie de montrer au public quelque chose que j'avais sur le cour depuis pas mal de temps.

  • C'était difficile de se confier face caméra?
    Oui, c'est très dur de s'ouvrir et de repartir dans le passé pour repêcher ces émotions. Des situations où (soupir) tu te dis 'Mais comment j'ai pu me foutre dans ce pétrin!' C'était donc très difficile de se confier à soi-même. Et puis, quand tu as ouvert ce fruit, il faut encore aller dans le noyau... Ensuite, il faut tout recoudre et refermer.

  • Ça vous a fait quoi de venir tourner à Bruxelles?
    C'était très émouvant. J'ai grandi dans les quartiers comme Etterbeek, Schaerbeek et Ixelles où j'ai fait de la boxe. Je me suis assis avec ma chaise d'acteur sur le «pavement» belge et j'ai vraiment senti cette ville où je suis né. J'ai beau avoir fait le tour du monde vingt fois, la Belgique reste un pays très spécial pour moi.



Quand Jean-Claude Vandamme est lâché:

C'est dur de parler de ce film parce que je te dis quand même une certaine vérité et que si je dis que je t'aime bien, je te connais pas, mais si je te dis: je t'aime bien, on s'aime mais pourquoi le répéter? Tu sais pas expliquer un feeling, c'est comme une histoire d'amour, tu la sens. Comment l'expliquer? C'est dû au fait que j'aime la gonzesse ou pas, donc c'est dur de parler d'un film quand tu sens qu'en tant qu'acteur tu l'as bien fait. «Case closed!» Mais c'est important d'en parler pour que les gens voient que je suis quelqu'un qui a souffert et qui dit aux jeunes que c'est possible. J'ai une séquence dans le film où je n'avais que sept minutes pour m'expliquer. J'ai commencé par les détails pour expliquer la synthèse, enfin pour expliquer ce que les détails vont créer. Alors quand tu parles d'une chose qui est tout à fait instinctive, d'une personne qui pense à elle-même pendant des années et qui se dit: 'qu'est-ce que je vais foutre dans ma vie?' Parce que bon, là, je fais ça, j'aime bien ce boulot, je suis fait pour ca. Il veut se poser cette question. Ce mouvement, parce que la vie est un mouvement (si rien ne bouge: on tombe tous), on a tous des vitesses et des pressions. Mais moi, je vais te parler des histoires de molécules et tout pour te l'expliquer. En fait, on a tous différentes «spacies», nous on a la même vitesse, mais l'eau aura une autre et l'oxygène aussi. On a tous des vitesses différentes qui ne se comptent pas. Mais ces vitesses obéissent, on va me prendre pour un fou, à notre pensée qui dit et qui répète tous les jours un rêve. Un rêve qu'on veut faire et pour finir ce rêve, le rêve qu'on rêve, devient une réalité. On croit au rêve parce que rêver c'est rêver, mais quand tu commences à croire à ton rêve, tu deviens fou et le fou devient ce qu'il veut être: son rêve. Et quand j'ai été en Amérique à cause de cette vitesse, parce que tu as des feelings d'amour, des feelings d'acheter une maison, etc et tu as des mecs qui oublient tous ces rêves, toutes ces choses normales de la société pour se créer une famille, une vie normale, mais qui s'en foutent de tout: maison, mariage, etc et qui mettent tout sur une spécifique idée, une voie, a «wish». Et quand tu ne fais que ca, tu as une pression et une puissance terrible. Donc quand je suis arrivé en Amérique, j'avais vraiment l'impression que j'avais réussi. En 5 ans, il y a eu des hauts et des bas, il y a eu des coups durs mais j'ai toujours senti que ce que j'avais demandé est finalement arrivé. J'ai envoyé la canne à pêche et cela ne s'est jamais accroché. Mais un jour, vers 17 ans, j'ai senti 'oh on mord à l'hameçon', je sais que je l'ai! Bon ca, c'est une chose. Ensuite, quand tu fais des films, tu penses à ce personnage pendant des mois et des mois et tu te lies à cette chose.

 

Sur ce, on vous laisse reprendre vos esprits...



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25 sép 2008, 19h11Dopier Jopier

JCVD est mon héros :o)

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