L'interview d'Emma Daumas
Son 3e album, Le chemin de la maison, est un retour à ses vraies valeurs: des petites tranches de vie mélancoliques ou pleines de bonheur. L'ex académycienne n'a pas perdu son franc-parler...
- Votre album est un retour en enfance...
Après mes deux premiers albums, je ne me sentais plus trop en accord avec les valeurs et la musique que je défendais avant. J'avais besoin de faire un virage dans ma vie et dans ma musique.
- Il est plus calme aussi...
Je vais avoir 25 ans, il était temps que je sois plus calme, non? (Rire.) J'ai fait un magnifique voyage au Brésil qui a changé ma vie. J'ai vu qu'il existait d'autres cultures. Ça m'a parlé. L'album en est plus posé, plus ensoleillé, avec des sonorités plus douces.
- De petit démon vous êtes devenue un ange?
En quelque sorte. J'ai enfin trouvé une véritable identité sonore et je délivre les messages qui me correspondent! Aujourd'hui, je suis plus positive. Avant, j'étais un peu paumée. L'air de rien, j'ai vécu un terrible tourbillon après la Starac. Avec ce parcours-là, c'est difficile de naviguer seule, après...
- Difficile?
On nous demande d'avoir une identité très marquée tout de suite. J'ai fait de la musique dont je me sentais proche après la Starac, mais j'étais en rébellion contre un système et mal dans mes pompes.
- Vous le connaissiez ce système, non?
Non. Je l'ai découvert une fois à l'intérieur. Quand on vient d'un bled paumé du sud de la France, on ne comprend pas les mécanismes du système. On l'apprend à ses dépens.
- Le premier single de l'album, Je suis conne, c'est de l'autodérision à l'extrême ou une revanche sur l'étiquette qu'on vous a collée?
C'est un peu tout cela. Le message que j'ai eu en découvrant ce cadeau de Mickey (3D, ndlr) était: c'est la part de loser que l'on a tous en nous. On est dans un monde où il faut toujours être «winner», avoir des choses brillantes à dire. Je ne suis pas comme cela, je suis pleine de maladresse et il m'arrive de faire des boulettes.
- Dans Movie Style, vous évoquez le grand rôle de votre vie. Avez-vous l'impression de le vivre aujourd'hui?
Chaque aventure - comme l'est la sortie d'un album - est, à un moment donné, le rôle de ma vie. Je ne sais pas quel sera le grand rôle de ma vie. Je le saurai avant de mourir. Movie Style nous dit que notre vie peut être magique comme dans les films, si l'on y croit vraiment et si l'on s'en donne les moyens. C'est cela l'originalité d'une vie! Il faut trouver sa part de magie!
- Dans Lipstick et Rimmel, on sent un rêve de gloire...
J'ai beaucoup rêvé de gloire quand j'étais petite. Je chantais dans mon salon avec une brosse à cheveux en guise de micro, m'imaginant un parterre de fans en délire. Je me suis servie de ses sentiments d'enfant pour réaliser l'album. Ce ne sont plus mes aspirations premières. J'ai connu la gloire à l'époque de la Starac et c'est beaucoup plus d'emmerdes que de kif. Aujourd'hui, j'ai juste envie que mon album soit entendu.
- Est-ce que, parfois, les conseils des profs de la Starac vous manquent?
Euh... Non! Je garde de très bons souvenirs avec les profs du château. Je suis restée en contact avec certains, que je ne citerai pas, et ça c'est très sympa. Mais c'est une page qui est tournée depuis très longtemps...
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