L'interview de Franck Dubosc
Tête d'affiche de Disco, Frank Dubosc, alias Didier Travolta, réaffirme son amour pour le cinéma populaire. Sans prétention.
- Franck Dubosc est-il un grand fan de disco?
Adolescent, j'étais dingue de "La fièvre du samedi soir. Je rêvais d'être Tony Manero (John Travolta), c'était mon idole. Quand j'allais danser le disco, j'avais entre 14 et 17 ans, je faisais un brushing, j'avais le col pelle à tarte, les fesses moulées dans un pantalon blanc, pattes d'éléphant. Avec des copains, on s'entraînait dans le garage à vélos pour participer à des concours de danse. Mais je ne gagnais jamais. Pour nous, à cette époque, bien danser c'était la clé pour emballer les filles ou du moins, pour qu'on nous regarde. C'était la parenthèse du samedi soir. Ce moment où on croit être un Dieu vivant alors que l'on est qu'une petite merde!
- Pour danser aussi bien dans le film, vous avez dû suivre une préparation intensive...
Je suis d'ailleurs abîmé de partout. J'ai suivi des cours de danse pendant trois mois, six heures par jour. J'ai eu notamment une déchirure à la jambe en exécutant le grand écart de la scène finale. La preuve que personne n'a jamais été doublé! On a tout fait nous-mêmes. Je ne pensais pas du tout être souple, mais la prof de danse m'a dit: «Tu verras, à la fin, tu arriveras à toucher le sol avec ta tête entre tes jambes!». Et effectivement, j'y suis arrivé. (Sourire.)
- Comme dans "Camping", vous jouez un personnage qui a du mal à s'assumer en tant qu'adulte. Un message caché?
C'est vrai que Didier Travolta est un peu le cousin de Patrick Chirac. Dans les deux cas, j'ai le corps d'un adulte, je m'habille comme un ado et je pense comme un enfant. Quand je joue ces personnages-là, je me plais davantage. Ce sont des personnages que les petits garçons aiment parce qu'ils les comprennent vite. Quand je suis dans ce jeu, je m'estime plus que quand je suis le vrai moi-même. Il n'y a pas de message. C'est une thérapie.
- Vous interprétez souvent le même type de rôle. L'idée ne vous est jamais venue de vous diriger vers un autre genre de personnage?
Dans "Cineman", mon prochain film, je jouerai déjà un tout autre personnage. Mais je n'ai pas spécialement envie de changer de registre. J'ai envie de retrouver Didier Travolta parce que j'aime bien ce personnage tout comme le cinéma populaire. J'essaierai sûrement d'autres personnages, mais j'avoue que celui-là, je ne le fais pas trop mal. Je n'ai pas la prétention d'être un grand acteur, je ne me lance donc pas de challenge. J'essaie juste de faire au mieux ce que je sais faire.
- Et réaliser votre propre film à l'instar de Dany Boon?
Malheureusement, je n'ai pas le temps! J'aimerais bien, mais je n'ai pas le sujet qui me tient particulièrement à cour. "Camping" aurait pu l'être, mais Fabien Onteniente l'a super bien fait. Si un jour je réalise un film, je le ferai peut-être sur la vie de mon grand-père, un héros de la déportation qui s'est évadé. Mais ce genre de film n'est plus tellement à la mode aujourd'hui...
Regardez la bande-annonce de Disco
rencontre Pierre-Yves Paque
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